dimanche 25 jui, 10 h 21
par Pierre Sérisier
HAMELN, Allemagne (Reuters) - Ni le bon parcours de l'Espagne ni les propos frappés d'optimisme de son sélectionneur Luis Aragones n'impressionnent la France à la veille d'un huitième de finale palpitant mardi à Hanovre.
Les Espagnols ont viré en tête de leur groupe H avec un maximum de neuf points et trois victoires dont une particulièrement saisissante (4-0) sur l'Ukraine.
Ces performances ont suffi pour qu'Aragones pronostique la victoire de ses protégés sur d'ex-champions du monde, vieillissants et souvent poussifs lors du premier tour.
A cela, les Bleus répondent qu'avec les matches à élimination directe, un nouveau tournoi mondial commence et que bien des certitudes ne peuvent plus avoir cours.
"C'est peut-être une bonne chose qu'ils (les Espagnols) se considèrent comme favoris et qu'ils soient hyper confiants", a commenté le milieu de terrain Vikash Dhorasoo.
"J'espère qu'ils savent qu'on est une bonne équipe et qu'ils ne vont pas nous battre facilement", a-t-il ajouté.
Historiquement, les Espagnols ont quelques revanches à prendre sur les Français.
Si les statistiques donnent 11 victoires, 10 défaites et six nuls en faveur des Ibères, ces derniers n'ont jamais vaincu leurs voisins en compétition officielle.
Les trois rencontres ont toutes eu lieu lors d'un championnat d'Europe: en finale en 1984 (2-0), au premier tour en 1996 (1-1) et en quart de finale en 2000 (2-1).
Chaque fois, les face-à-face ont été âpres et se sont disputés sur le fil du rasoir.
L'ESPAGNE N'A PAS ZIDANE
"On s'attend à un match très difficile", a reconnu le défenseur Eric Abidal, de retour de suspension. "Mais nous n'avons pas peur.
"Peut-être sont-ils confiants. Ils ont fait un meilleur premier tour que nous mais pour eux, le plus dur reste à venir", a-t-il ajouté.
"Cette compétition est comme un championnat. Vous pouvez être le premier du classement mais perdre 2-0 contre le dernier", a-t-il encore dit.
Ayant longtemps tremblé avant de pouvoir enfin souffler de soulagement, les Français ont compris lors de cette première partie de Mondial que rien ne serait facile pour eux.
Le sélectionneur Raymond Domenech rappelait avec justesse que le match nul concédé face à la Suisse avait obligé son équipe à disputer ensuite deux matches à quitte ou double.
Psychologiquement, les Français sont de plain-pied dans la compétition et ils ont déjà entrevu la perspective d'une élimination.
"On sait à quoi s'attendre pour ce huitième de finale", avait précisé Domenech.
Autre motif de confiance, les Français voient revenir leur meneur de jeu Zinedine Zidane, suspendu contre le Togo, et qui a suivi la qualification des siens depuis les vestiaires.
"L'avoir avec nous est toujours un avantage", a précisé Domenech. "Etre privé d'un tel joueur est forcément un moins pour toute l'équipe."
Mardi, l'opposition entre Espagnols et Français prendra l'allure d'un choc entre les générations.
Aragones a misé avec bonheur sur la jeunesse, la vivacité et l'inspiration en attaque.
Domenech a placé ses espoirs sur l'expérience, quitte à devoir compter sur la plus vieille équipe de France dans l'histoire du Mondial.
"Nous avons nous aussi des joueurs qui peuvent faire la différence à tout moment dans un match", a précisé Abidal. "L'Espagne a de très bons joueurs, mais elle n'a pas Zidane."
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