mardi 20 jui, 10 h 06
par Pierre Sérisier
HAMELN, Allemagne (Reuters) - Sortant de sa réserve habituelle, Raymond Domenech a sévèrement critiqué l'arbitrage pratiqué lors des deux premiers matches de l'équipe de France, le qualifiant d'injuste et d'excessif.
Domenech reproche aux arbitres d'avoir défavorisé ses protégés tant lors du 0-0 contre la Suisse à Stuttgart que lors du 1-1 face à la Corée du Sud à Leipzig.
Dans le collimateur de Domenech, se trouvent trois décisions.
La première concerne la main dont s'est rendu coupable le défenseur suisse Patrick Müller sur une frappe cadrée de Thierry Henry.
La deuxième, toujours à Stuttgart, vise le carton jaune donné à Zinedine Zidane par le Russe Valentin Ivanov pour avoir tiré un coup franc trop rapidement.
La troisième est le but valide de Patrick Vieira refusé par le Mexicain Benito Archundia alors que la France menait 1-0 devant la Corée, après une demi-heure de jeu.
"Il y a une certaine forme d'excès dans certaines décisions, et cela me surprend", a-t-il lors d'une conférence de presse.
"Cela fait trois décisions qui nous pénalisent vraiment. Il y a là, une forme d'injustice et on le sent bien", a poursuivi Domenech, en haussant le ton.
"Le but de Patrick Vieira est incontestable mais peut-être que l'arbitre ne l'a pas vu", a-t-il déploré.
"Quant au carton donné à Zizou, j'ai regardé les autres matches. C'est la seule fois où un carton a été donné à un joueur pour avoir tiré trop vite un coup-franc. Et encore, il ne s'était pas pressé pour tirer", a-t-il estimé.
ENVIE DE REVOLTE
Cette sanction, ajoutée à celle reçue en fin de match contre la Corée, prive le capitaine des Bleus du troisième match contre le Togo, vendredi.
"Contre les Suisses, cela nous aurait mis dans une situation pour mener 1-0 à un moment où nous dominions", a-t-il regretté.
Se sentant lésé par l'arbitrage, Domenech n'hésite pas non plus à affirmer que d'autres équipes, dont la Suisse, sont elles nettement avantagées.
"Les Suisses ont été largement favorisés par l'arbitrage", a-t-il lancé. "Il y avait penalty contre nous et il y avait également penalty contre le Togo."
Le Lyonnais Patrick Müller avait fait un croche-pied à l'attaquant togolais Emmanuel Adebayor qui filait vers le but à la 35e minute.
L'arbitre paraguayen Carlos Amarilla n'avait pas jugé que cette faute méritait une sanction, accusant même le Togolais de simulation.
"Quant à Patrick Müller, j'ai vu qu'il avait recommencé à jouer au hand dans la surface de réparation. Certaines équipes ont bénéficié de l'arbitrage et d'autres ont été pénalisées."
Face à cette situation, Domenech a souhaité que ses protégés ne se laissent pas gagner par le pessimisme et l'abattement.
"On ne peut pas accepter des fautes d'arbitrage en notre défaveur", a-t-il dit. "Je voudrais que cette injustice nourrisse chez les joueurs une envie de révolte.
"Malgré cela, notre ambition est d'aller le plus loin possible. Nous restons tournés vers l'avenir. Nous nous préparons pour le match contre le Togo mais nous songeons aussi à celui d'après", a-t-il insisté.
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