La Presse Canadienne

Gignac veut que le niveau de vie des Québécois rejoigne celui des Ontariens

vendredi 6 nov, 17 h 14

Par Sylvain Larocque, La Presse Canadienne

MONTREAL - Le ministre du Développement économique, Clément Gignac, souhaite que le niveau de vie des Québécois rejoigne, voire dépasse, celui des Ontariens au cours des dix prochaines années, y voyant une façon de promouvoir l'unité canadienne.

Le jour où la parité sera atteinte, "les Québécois - et plus particulièrement les Québécois francophones - nous ne nous verrons plus de la même façon au sein de la fédération canadienne", a déclaré M. Gignac dans une allocution prononcée vendredi à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en précisant qu'il s'agissait là d'une des raisons qui l'avait poussé à se lancer en politique.

"Et pour connaître assez bien les autres Canadiens qui vivent dans les autres provinces, la journée où le niveau de vie du Québec va dépasser celui de l'Ontario, ou même la moyenne canadienne, je peux vous garantir que le reste du Canada ne nous regardera plus de la même façon, a-t-il ajouté. Et je pense que ça sera aussi un élément de grande unité nationale."

Le ministre n'a pas précisé davantage sa pensée. On sait toutefois qu'au fil des ans, des leaders d'opinion, au Canada anglais, ont reproché au Québec de dépendre des transferts fédéraux, plus particulièrement de la péréquation. Une augmentation significative de la richesse des Québécois pourrait changer la donne.

A l'heure actuelle, le niveau de vie des Québécois est de huit à 10 pour cent inférieur à celui des Ontariens. La côte à monter est donc abrupte, mais le fait que le Québec se soit mieux tiré d'affaire que le reste du Canada au cours de la récente récession semble donner espoir à Clément Gignac.

Après tout, le taux de chômage du Québec est passé vendredi sous la moyenne canadienne, une première depuis que des statistiques comparables sont disponibles, en 1976.

Solutions

Pour y parvenir, M. Gignac a proposé trois pistes de solutions: faire de Montréal "une des principale destinations mondiales des étudiants étrangers", inciter les entreprises à accélérer leurs gains de productivité et faire en sorte que davantage de personnes âgées de 55 à 64 ans restent au travail.

"Il devient primordial de garder le plus grand nombre possible de personnes sur le marché du travail, notamment celles qui approchent de l'âge de la retraite, a-t-il affirmé. L'apport économique des travailleurs d'expérience de 55 ans et plus sera déterminant non seulement pour trouver une solution à notre défi démographique, mais aussi pour contribuer à la création de richesse."

L'ancien ministre et dirigeant d'entreprise Claude Castonguay doit publier, au cours des prochains mois, une étude afin d'identifier les entraves potentielles au maintien des 55-64 ans sur le marché du travail et de suggérer des mesures incitatives pour les convaincre de ne pas se retirer complètement de la vie économique. Le taux d'activité de ce groupe d'âge est près de 10 pour cent plus bas au Québec qu'en Ontario.

Par ailleurs, pour illustrer l'importance de prendre au sérieux l'amélioration de la productivité, Clément Gignac a souligné qu'en raison de la vigueur du dollar canadien, les compagnies québécoises ne pourront pas compter aveuglément sur le marché américain pour participer à la reprise. Selon lui, il leur faut regarder ailleurs, que ce soit vers le Canada anglais, l'Europe ou même l'Asie.

Il faudra agir vite, a insisté le ministre, puisque les prévisionnistes s'attendent à ce que d'ici 2012 ou 2014, le nombre total de travailleurs commence à diminuer au Québec, un phénomène qui aura un impact négatif durable sur l'économie de la province.

Il en va de la perennité des programmes sociaux québécois, plus particulièrement du régime de santé public, qui accapare désormais 45 pour cent des dépenses gouvernementales courantes, a rappelé M. Gignac.

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