La Presse Canadienne

Eric Caire et Marc Picard claquent la porte de l'Action démocratique

vendredi 6 nov, 19 h 06

Par RéMi Nadeau, La Presse Canadienne

QUEBEC - Les députés Eric Caire et Marc Picard claquent la porte de l'Action démocratique du Québec, portant ainsi un dur coup à l'ex-parti de Mario Dumont.

En rupture avec le nouveau chef, Gilles Taillon, le candidat défait au leadership et le vétéran député des Chutes-de-la-Chaudière ont annoncé vendredi qu'ils quittaient le navire et qu'ils siégeraient dorénavant à titre d'indépendants à l'Assemblée nationale.

"Ce que j'annonce n'est pas le résultat d'un coup de tête ou d'une frustration, mais d'une conviction profonde que l'ADQ de Gilles Taillon n'a rien à voir avec l'ADQ à laquelle j'ai adhéré il y a 10 ans", a lancé d'entrée de jeu M. Caire, en conférence de presse à Québec.

Visiblement déchiré par son choix d'abandonner le parti pour lequel il a milité dès ses premiers pas en politique, le député de La Peltrie a écorché celui qu'il tient responsable de son départ.

Il a tour à tour accusé Gilles Taillon de "saper l'ADQ" et de proposer "un règne sans partage, sans avoir les qualités ni le charisme pour le faire".

Tout comme lui, le député Picard a dit quitter parce qu'il ne se reconnaît plus dans l'ADQ de Gilles Taillon.

Il a aussi laissé entendre que les nouvelles révélations de faux-pas ayant entaché la course à la direction ont précipité sa décision.

Déjà, MM. Caire et Picard avaient entrepris une réflexion sur leur avenir politique après que M. Taillon, qui a remporté une courte victoire avec une seule voix de majorité, les ait écartés des postes stratégiques du parti.

M. Taillon a retiré la fonction de leader parlementaire à Marc Picard et a refusé d'accorder à son rival de la course à la direction le poste de chef parlementaire, qu'il a plutôt confié à son lieutenant et ami de coeur de la ministre libérale Nathalie Normandeau, François Bonnardel.

C'est d'ailleurs le député de Shefford que le nouveau chef a choisi d'envoyer sur la place publique pour encaisser le coup.

"Je suis extrêmement déçu, les quatre députés (restant à l'ADQ), nous sommes sonnés. Maintenant, il faut se retrousser les manches", a déclaré M. Bonnardel, qui dit croire malgré tout à la survie du parti moribond.

En plus de leur propre départ, Eric Caire et Marc Picard entraînent dans leur sillage ceux qui ont travaillé avec eux dans le cadre de la course au leadership, notamment les anciens députés Catherine Morrissette, Richard Merlini et François Benjamin.

M. Caire n'a pas fermé la porte à la possibilité de joindre plus tard un éventuel nouveau parti de centre-droit, lançant un appel à tous ceux qui ont élaboré le manifeste des "lucides", afin qu'ils se lancent enfin dans l'arène politique.

Toutefois, il a signifié qu'il n'avait pas l'intention de fonder lui-même une formation.

"Ca va prendre une volonté très forte parce que, organiser un parti, le structurer, le financer, recruter des candidats et élaborer un programme, c'est un travail colossal."

Par ailleurs, l'autre candidat défait de la course à la direction, Christian Lévesque, estime que les révélations de TVA jettent le discrédit sur le parti.

L'ex-député de Lévis remet aussi en question son adhésion à l'ADQ.

"Je suis en attente de plusieurs explications", a-t-il lancé en entrevue téléphonique, visiblement lui aussi exaspéré des ratés de la course au leadership.

Pour sa part, le président Mario Charpentier a émis un communiqué de presse pour défendre son comportement.

M. Charpentier ajoute qu'il avait toutefois l'intention d'effectuer un don "comme lui permettait son devoir de réserve".

Selon sa version des faits, il a remis un chèque de 3000 $ qu'il a finalement récupéré plus tard, après avoir pris connaissance de précisions supplémentaires quant à son devoir de neutralité.

Les départs de MM. Caire et Picard laissent l'ADQ avec seulement quatre députés à l'Assemblée nationale.

En plus du chef parlementaire Bonnardel, le caucus ne compte plus que Janvier Grondin, de Beauce-Nord, Gérard Deltell, de Chauveau et Sylvie Roy, de Lotbinière.

Au bureau du whip en chef du gouvernement, Pierre Moreau, son attachée de presse Andrée-Lyne Hallé a précisé que des représentants des partis à l'Assemblée nationale tiendront une réunion en début de semaine, afin d'évaluer le statut de l'ADQ à la lumière de ces changements.

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