vendredi 6 nov, 14 h 16
Par Brett Blackledge, Associated Press
WASHINGTON - Son nom apparaît sur des messages militants postés sur Internet. Un de ses collègues affirme qu'il ne voulait pas être envoyé en Irak et qu'il se querellait avec les soldats favorables aux guerres menées par les Etats-Unis.
Il a demandé de l'aide lorsqu'il était encore étudiant en médecine en raison de problèmes relationnels avec ses patients. Ce ne sont que quelques éléments parmi de nombreuses zones d'ombre dans le portrait-robot du tueur présumé qui a tué 13 personnes et en a blessé 30 autres à Fort Hood au Texas, la plus importante tuerie jamais survenue sur une base militaire aux Etats-Unis.
Si les motivations de Nidal Malil Hasan restent à déterminer, certains éléments de sa vie font déjà tiquer les enquêteurs.
Pendant six ans, avant d'être affecté sur cette immense base texane, ce major de l'armée de terre, âgé de 39 ans, a travaillé au centre médical Walter Reed. Interne en psychiatrie, il a ensuite fait une spécialisation en psychiatrie préventive et de catastrophe. Il a obtenu son diplôme à l'université militaire de Bethesda, dans le Maryland, en 2001.
Pendant son internat à Walter Reed, il a rencontré des difficultés qui l'ont obligé à consulter et à subir une surveillance spécifique, a noté le Dr Thomas Grieger, qui dirigeait sa formation à l'époque. Le médecin est tenu de respecter le secret professionnel, mais il souligne que Hasan s'entendait mal avec ses patients. Il se souvient d'un garçon très calme, qui n'aurait jamais critiqué l'armée de son pays. "Il a prêté un serment de loyauté à l'armée", note Grieger, qui n'a jamais rien entendu venant de Hasan qui aille à l'encontre de ce serment.
Les autorités ont fait savoir vendredi que Hasan restait dans le coma, mais que ses jours ne semblaient pas en danger.
Selon une source judiciaire, les enquêteurs n'ont pas pu parler à Hasan depuis la fusillade. D'après les premiers éléments de l'enquête, Hasan n'aurait utilisé qu'une arme pendant l'attaque, un pistolet semi-automatique de calibre 5.7.
D'après des responsables de l'armée, Hasan avait également un autre pistolet. Mais rien n'indiquait pour l'instant que la deuxième arme avait été utilisée.
Récemment, les agents fédéraux s'étaient montrés plus soupçonneux. Il y a six mois, Hasan avait attiré leur attention en raison de messages sur Internet évoquant des attentats-suicide et autres menaces. Il faisait l'analogie dans ses mails entre l'abnégation de militaires donnant leur vie pour sauver leur peloton, et les kamikazes.
Un colonel en retraite, Terry Lee, qui dit avoir travaillé avec lui, a déclaré à la chaîne Fox News que Hasan espérait que Barack Obama ordonnerait le retrait des troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan. Il se disputait fréquemment avec les soldats favorables à ces conflits et a tout fait pour éviter d'être mobilisé en Irak.
Selon Faizul Khan, l'ancien imam de la mosquée où Hasan avait autrefois ses habitudes, à Silver Sprint, dans le Maryland, le suspect s'était inscrit à un programme pour trouver une épouse, notant comme lieu de naissance Arlington, en Virginie. Mais il disait être de nationalité palestinienne. "Je ne sais pas pourquoi il avait noté 'Palestinien', il n'était pas né en Palestine".
Mais en tout cas, rien ne laissait supposer qu'il avait des opinions extrémistes, a ajouté M. Khan. "Nous discutions à peine de politique. Nous parlions surtout de questions religieuses, rien qui ne prête à controverse".
Dans un entretien au Washington Post, la tante du suspect, Noel Hasan, évoquant un homme qui n'avait guère d'amis, a affirmé qu'il avait été harcelé en tant que musulman dans les années qui ont suivi les attentats du 11 Septembre 2001, et qu'il avait alors voulu quitter l'armée. "
"Il y a des gens qui supportent, d'autres pas", a-t-elle jugé. "Il avait entendu tout ça, et voulait quitter l'armée". Selon elle, il avait même proposé de rembourser les frais engagés pour sa formation médicale.
Selon son cousin, Nader Hasan, l'idée d'aller sur un terrain de guerre l'horrifiait: "tous les jours, des gens lui racontaient les horreurs qu'ils y avaient vues".
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