vendredi 6 nov, 14 h 08
Associated Press
BARCELONE - A un mois de la conférence de Copenhague, des négociateurs présents à la réunion de Barcelone sur le climat ont assuré vendredi qu'il était encore possible d'aboutir à un accord solide pour définir les actions à mener dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Les pays les plus vulnérables dans le domaine du changement climatique sont furieux que des pays riches repensent le calendrier de la conclusion d'un traité légalement contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre.
Les délégués présents vendredi à Barcelone ont consacré leur dernière journée de discussions à l'élaboration d'un projet d'accord en vertu duquel les pays riches prendraient des engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et aider les pays pauvres à faire face aux conséquences du réchauffement.
Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, pourraient ne pas être prêts à signer un traité lors de la conférence de l'ONU sur le climat prévue du 7 au 18 décembre à Copenhague. Et l'idée que ce sommet puisse déboucher sur un accord politique plutôt que sur un texte légalement contraignant mécontente les pays pauvres qui souffrent déjà de sécheresses, inondations et d'autres catastrophes imputées au réchauffement.
Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, a affirmé que les négociateurs visaient toujours la conclusion d'un accord significatif qui permettrait de fixer des objectifs précis. Les Etats accepteraient de respecter leurs engagements tout en négociant les détails du traité, un processus qui pourrait prendre une année de plus.
Les gouvernements peuvent s'entendre sur un "accord fort à Copenhague" en décembre, a assuré M. de Boer. "Rien n'a changé ma confiance" dans cette perspective.
M. de Boer a également dit espérer l'annonce par les Etats-Unis d'un objectif clair de réduction des émissions pour 2020. "Un chiffre du président des Etats-Unis aurait un poids énorme."
M. de Boer, plus haut responsable du climat aux Nations unies, a laissé entendre que 40 chefs de gouvernement participeraient au sommet de Copenhague, mais le Danemark, hôte de la réunion, a précisé que le chiffre n'était pas encore confirmé.
De son côté, le président du "Groupe des 77", rassemblant les pays en développement, le Soudanais Lumumba Di-Aping, a critiqué les pays riches, accusés de ne pas avoir répondu aux attentes après deux années de négociations sur un traité post-protocole de Kyoto. L'attitude des pays développés "agit comme un frein à tout progrès significatif", a-t-il jugé. "Nous avons besoin d'un réel changement de coeur et d'esprit des pays développés."
M. Di-Aping a jugé insuffisantes les propositions des pays riches en matière de réduction des gaz à effet de serre. Les scientifiques estiment que les pays développés devraient réduire leurs émissions de 25% à 40% par rapport à leurs niveaux de 1990 pour éviter une catastrophe climatique. M. Di-Aping estime que leurs promesses actuelles représentent une réduction de seulement à 11% à 15%.
Le chef de la délégation indienne, Shyam Saran, a estimé que le succès de Copenhague dépendrait des objectifs de réduction présentés par les pays riches, ajoutant toutefois qu'un accord contraignant était toujours possible. "Nous ne partageons pas l'avis que ce n'est plus possible", a-t-il souligné.
Le délégué suédois, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE, a quant à lui minimisé l'agitation dans les négociations en cours et estimé qu'un accord sérieux pouvait être conclu en décembre prochain. "Nous allons changer les fondements de la civilisation industrielle", a affirmé Anders Turresson.
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