mercredi 4 nov, 17 h 33
Par Lia LéVesque, La Presse Canadienne
MONTREAL - Combattre l'itinérance au Québec passe par un financement accru et récurrent, et par davantage de logements sociaux.
C'est la Commission de la santé et des services sociaux qui l'affirme dans son rapport sur l'itinérance qu'elle a rendu public, mercredi à Montréal.
La commission elle-même est incapable de chiffrer le nombre d'itinérants au Québec et à Montréal. Son président, le député libéral Geoffrey Kelley, évoque des chiffres d'environ 30 000 au Québec, mais avoue lui-même que personne n'est certain si c'est encore la réalité aujourd'hui. De ce nombre, les deux tiers ou les trois quarts vivraient à Montréal.
La commission propose d'ailleurs de brosser un meilleur portrait de l'itinérance et de la chiffrer. L'on croit, par exemple, qu'il y a davantage de femmes qu'avant et d'autochtones.
Financement
Dans son rapport, la commission suggère aussi d'accorder un financement suffisant à la lutte contre l'itinérance. Là encore, la commission ne dit pas combien d'argent il faudrait y consacrer.
"La commission ne s'est pas prononcée sur le montant. Nous laissons aux gens de l'exécutif et au gouvernement le soin de définir l'ampleur de l'enveloppe. Nous constatons que l'enveloppe est insuffisante, qu'elle est éparpillée, qu'elle est difficile d'accès et qu'elle est non récurrente pour les organismes. A partir de là, le gouvernement prendra ses responsabilités", a résumé le vice-président de la commission, le député péquiste Camil Bouchard.
La commission déplore aussi, dans son rapport, que le financement du soutien communautaire est octroyé selon le critère de la population, ce qui désavantage Montréal, parce que Montréal a une proportion plus élevée d'itinérants que la proportion de sa population par rapport à l'ensemble du Québec.
Reste à savoir si le gouvernement Charest pourra ou voudra investir plus d'argent dans la lutte contre l'itinérance, au coeur de la crise économique et des compressions budgétaires.
"Pour répondre très franchement, non, ce n'est pas un contexte propice, cependant, il y a une nécessité urgente de le faire", a prévenu le vice-président Bouchard.
Logement
Une grande partie des interventions que suggère la commission portent sur le logement social.
Lors des audiences qu'elle a tenues, la commission s'est fait dire par plusieurs participants qu'ils étaient inquiets devant la diminution du nombre de maisons de chambres, particulièrement à Montréal. Selon eux, il s'agit là de la seule forme de logement abordable pour les personnes à très faible revenu comme les itinérants.
La commission est toutefois d'avis que le logement abordable à lui seul ne suffit pas et qu'il doit être "doublé d'un soutien communautaire, lequel est d'ailleurs une condition essentielle au succès de l'ensemble des interventions réalisées auprès de ces personnes".
En entrevue après le dévoilement du rapport par la commission, Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, s'est félicité de plusieurs recommandations. Il espère que le gouvernement y donnera suite.
M. Gaudreau affirme que le besoin des organismes d'aide, seulement, serait de 17 millions $ pour tout le Québec. "C'est beaucoup d'argent, mais c'est de l'argent qui réduirait d'autres coûts", fait-il valoir, faisant référence aux coûts de judiciarisation, aux coûts d'hospitalisation et autres.
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