mercredi 4 nov, 19 h 44
Par Marie Vastel, La Presse Canadienne
OTTAWA - A l'occasion de leur journée d'opposition, aux Communes, les libéraux de Michael Ignatieff n'ont pas tenté de renverser de nouveau le gouvernement, mais en ont profité pour attaquer les conservateurs sur un sujet sensible: la réponse d'Ottawa à la pandémie de grippe A (H1N1).
Et signe que les critiques de plus en plus nombreuses adressées à l'égard du plan de lutte à la pandémie du gouvernement fédéral commencent à irriter les troupes de Stephen Harper, le premier ministre n'a pas chômé, pendant la période des questions mercredi, se levant à plusieurs reprises pour répliquer aux reproches de l'opposition.
"Le gouvernement a été clair quant au moment et au nombre de doses (du vaccin) qui seront distribuées. La semaine prochaine, il y aura 1,8 million de doses supplémentaires de disponibles. Ce qui portera le total à 8,5 millions de doses", a répliqué M. Harper au chef libéral.
"Les provinces sont en train de les distribuer. Il s'agit du programme de vaccination massive le plus vaste et le plus rapide de l'histoire canadienne, et évidemment nous ferons tout le nécessaire pour appuyer leurs efforts (des provinces) dans ce dossier", a soutenu le premier ministre, lors de la période des questions.
M. Harper a toutefois tenu ces propos avant que les libéraux ne présentent leur motion, mercredi, appelant justement le gouvernement à offrir davantage d'argent aux provinces et territoires, afin de les aider à répondre à la deuxième vague de H1N1.
La proposition du Parti libéral a d'ailleurs été adoptée à l'unanimité par les partis d'opposition, mais les conservateurs s'y sont tous opposés. L'issue du vote risque toutefois d'avoir peu d'incidence sur la réponse du fédéral à la pandémie, car elle n'a pas force de loi.
Les libéraux ont donc réclamé, avec leur motion, qu'Ottawa verse aux provinces et territoires les 400 millions $ prévus dans le budget de 2006 pour la lutte contre la pandémie, pour que les gouvernements provinciaux et territoriaux puissent soutenir leur personnel médical qui participe à l'effort de vaccination et bonifier leur plan d'urgence, afin de mettre fin aux files d'attente et répondre à la pénurie de vaccins.
Mme Bennett a cependant plaidé, la semaine dernière, que depuis 2006 le gouvernement conservateur avait fait fondre ce fonds en en retirant 80 millions $ par année, puisque cette somme n'avait pas été utilisée pour répondre à une pandémie au cours des 12 mois précédents.
"Ceci est inacceptable (...) Il est temps, pour ce gouvernement, de remettre l'argent dans la boîte, d'en casser les parois, et de donner les dollars aux autorités sanitaires locales des provinces et territoires", a-t-elle soutenu lors de la présentation de sa motion aux Communes.
Le PLC appelle également Ottawa à accorder des fonds à une nouvelle campagne de sensibilisation de la population canadienne. Le chef libéral a en outre amendé la motion, en après-midi, pour demander au fédéral de tenir compte des recommandations de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, dont le rapport déposé la veille reprochait au gouvernement de ne pas avoir de plan d'intervention en situation d'urgence.
Mme Fraser recommandait, dans son rapport, au ministère de la Sécurité publique de faire adopter par le gouvernement l'ébauche de plan d'urgence qu'il rédige depuis 2004 et de définir son rôle quant à la coordination des efforts entre les différents ministères fédéraux qui pourraient avoir à intervenir dans une situation d'urgence.
"Plutôt que d'accepter sa part de responsabilité dans ces échecs, la ministre de la Santé a dit que (le fédéral) ne distribue pas les soins de santé. Le fait est que ces pandémies se fichent de la juridiction. Et c'est le rôle d'un gouvernement fédéral que d'offrir la coordination, la planification, les investissements et de partager le fardeau avec les autorités locales (...) en situation difficile", a d'autre part affirmé M. Ignatieff.
De son côté, la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a répliqué lors du débat sur la motion de Mme Bennett que les libéraux devaient cesser de faire de la grippe H1N1 un enjeu partisan.
"Nous sommes tous dans cette situation ensemble et nous devons continuer notre coopération", a-t-elle lancé aux libéraux.
Même si M. Ignatieff s'était engagé à renverser le gouvernement conservateur minoritaire à la première occasion, les libéraux ont expliqué mercredi avoir revu leur stratégie, car ils ont entendu les Canadiens, qui ne souhaitent pas d'élections.
Moyenne (Not Rated)
Copyright © 2009 La Presse Canadienne