mercredi 4 nov, 22 h 40
Par Jocelyne Richer, La Presse Canadienne
QUEBEC - Tandis que les clientèles les plus vulnérables doivent patienter avant d'espérer se faire vacciner à temps, des détenus en parfaite santé ont déjà eu droit à leur dose de vaccin contre la grippe A (H1N1).
Il s'agit là d'une erreur inacceptable, a reconnu mercredi le ministre de la Santé, Yves Bolduc.
Une cinquantaine de doses du précieux vaccin ont été administrées mardi aux détenus de la prison provinciale de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie.
L'erreur a été commise par le Centre de services sociaux (CSS) du Suroît, qui aurait apparemment mal interprété les consignes gouvernementales et la séquence de vaccination définie par Québec, a expliqué le ministre en Chambre.
"Les détenus vont être vaccinés selon l'ordre de priorité de leur condition", a dit le ministre Bolduc, en point de presse.
M. Bolduc a aussi soutenu qu'aucun passe-droit ne serait accordé à quiconque, et qu'aucun vaccin ne serait disponible en clinique privée.
Les bien nantis devront donc faire la file comme tout le monde.
"Tous les gens doivent suivre les mêmes règles", a-t-il dit, qu'on soit joueur de hockey ou membre du club des gens riches et célèbres.
Mais au moins un porte-parole des droits des prisonniers au Canada croit plutôt que les détenus devraient bénéficier d'un traitement préférentiel, sous prétexte qu'ils sont plus susceptibles de transmettre le virus parce qu'ils se retrouvent dans un environnement clos et relativement restreint.
Selon Craig Jones, directeur exécutif de la Société John Howard du Canada, l'augmentation de la population carcérale aura pour effet d'élargir l'environnement dans lequel les détenus peuvent contracter le virus.
Mais selon Jillian Pranger, porte-parole des Services correctionnels du Canada, les pénitenciers et établissements de détention suivent les directives établies par Santé Canada et les détenus reçoivent le vaccin selon les mêmes critères que les autres citoyens.
Au Québec, les vaccins seront donnés en vertu de "la condition médicale" des gens et non "leur statut dans la société", a assuré le ministre, qui commentait le fait que des joueurs des Flames de Calgary et leurs familles ont reçu le vaccin dans une clinique privée en Alberta.
La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a quant à elle exhorté le premier ministre Jean Charest à accélérer le processus de vaccination de la population.
Elle n'a pas réussi à savoir du ministre de la Santé combien de personnes avaient été vaccinées jusqu'à maintenant, depuis le début de l'opération de vaccination.
Cependant, il lui a donné l'assurance que tous les Québécois qui souhaitaient recevoir le vaccin y auraient accès avant Noël, "à moins d'un imprévu qu'on peut vraiment pas prévoir", a-t-il dit.
Le pic de la pandémie est cependant attendu beaucoup plus tôt, d'ici deux ou trois semaines.
Moyenne (Not Rated)
Copyright © 2009 La Presse Canadienne