La Presse Canadienne

Québec doit prendre en charge le registre des armes à feu, selon le PQ

mercredi 4 nov, 22 h 34

Par Martin Ouellet, La Presse Canadienne

QUEBEC - Québec doit mettre un terme à l'incertitude et prendre en charge le contrôle des armes à feu sur son territoire, pense l'opposition péquiste.

Le projet de loi récent d'une députée conservatrice visant à affaiblir le registre national des armes à feu révèle à quel point Ottawa est inapte à assumer cette responsabilité, a fait valoir, mercredi, en Chambre, le député Bertrand St-Arnaud.

"A défaut que ça fonctionne du côté canadien et manifestement, ce n'est pas prêt de fonctionner, et bien, que le gouvernement agisse. On ne peut plus continuer comme ça", a soutenu M. St-Arnaud, porte-parole du Parti québécois en matière de sécurité publique.

Alors que le contrôle des armes à feu fait l'objet d'un consensus solide au Québec, le registre national est constamment remis en question dans le reste du pays, a déploré, de son côté, le porte-parole du PQ en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier.

"On va se rendre jusqu'où? Est-ce qu'on va reprendre le débat de la gestion du registre des armes à feu à chaque année?", a lancé le député de Lac-Saint-Jean.

"Si on veut régler la question une fois pour toutes, que le Québec fasse la gestion des armes à feu et que l'argent soit transféré au gouvernement du Québec", a-t-il poursuivi.

Depuis 2006, l'Assemblée nationale a adopté trois motions en faveur du registre mais le dossier n'est toujours pas clos du côté fédéral.

Devant cette situation, le gouvernement Charest devrait poser le geste qui s'impose en signifiant à Ottawa qu'il exercera désormais les pleins pouvoirs sur le contrôle des armes au Québec, a renchéri M. St-Arnaud.

"Il est plus que temps que ce gouvernement, au lieu d'envoyer des lettres ou de faire adopter des motions, mette enfin son poing sur la table et dise au fédéral: Ca suffit. Le contrôle des armes à feu sur le territoire du Québec, on va s'en occuper", a-t-il dit.

La délégation, par le gouvernement fédéral, des pouvoirs concernant le contrôle des armes à feu n'est pas une revendication nouvelle au Québec.

En 2007, l'ancien ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Benoît Pelletier, avait abordé la question avec ses homologues fédéraux.

Depuis lors, c'est le silence radio, fulmine l'opposition officielle.

"Un moment donné, il faut aboutir dans les négociations. C'est un autre exemple de fédéralisme qui ne fonctionne pas. C'est demande après demande avec le gouvernement fédéral et on n'arrive pas à récupérer ces pouvoirs-là", a argué M. Cloutier.

Pendant la période de questions, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a rappelé que le gouvernement du Québec s'opposait catégoriquement à l'abolition du registre national.

Le mécanisme actuel, étendu à l'ensemble du pays, a fait ses preuves, a-t-il estimé.

"Le fait que le registre ait cours partout au Canada est extraordinairement efficace et extraordinairement utile. Il faut continuer à se battre pour en empêcher l'abolition", a dit M. Dupuis.

Le ministre a fait parvenir mardi soir une lettre à son homologue fédéral, Peter Van Loan, pour lui exprimer la position du Québec. Il a aussi lancé un appel "à tous les élus de la Chambre des communes" pour qu'ils rejettent le projet de loi conservateur.

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