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Honduras: l'accord torpillé, Zelaya dénonce le "théâtre" de Micheletti

samedi 7 nov, 01 h 58

TEGUCIGALPA (AFP) - Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, a accusé vendredi le président putschiste Roberto Micheletti d'avoir torpillé l'accord de sortie de crise politique conclu entre eux, dénonçant le "théâtre" joué par son rival.

Il a appelé ses partisans à manifester "pacifiquement".

Dix minutes avant l'heure-limite (vendredi 06H00 GMT) stipulée dans cet accord pour la formation d'un gouvernement d'"union nationale", M. Micheletti avait annoncé la mise en place d'un nouveau cabinet ministériel où ne figurait aucun représentant de M. Zelaya.

"L'accord n'a désormais plus aucune valeur", a déclaré M. Zelaya vendredi à l'AFP.

"Il a été totalement démontré qu'il n'y a plus de raisons de négocier et que cela n'aurait aucun effet, puisque les accords ont été constamment violés. On dirait qu'ils viennent dialoguer parce que quelqu'un les y oblige, mais sans volonté politique", a-t-il ajouté à l'adresse du camp de M. Micheletti.

"Nous avons décidé de ne pas continuer dans ce théâtre", avait-il déclaré plus tôt à l'antenne de Radio Globo, un des rares médias du Honduras à avoir critiqué les auteurs du coup d'Etat du 28 juin.

M. Zelaya a appelé ses partisans du "Front de résistance contre le coup d'Etat" à manifester dans les prochains jours "de façon pacifique", comme ils l'ont fait régulièrement depuis qu'il a été chassé du pouvoir.

"La commmunauté internationale devra étudier quelles sont les mesures à prendre", a-t-il ajouté depuis l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, où il s'est installé depuis son retour clandestin dans la capitale, le 21 septembre.

M. Zelaya a indiqué à l'AFP qu'il était conscient d'avoir maintenant "quelques décisions à prendre". Mais il n'a pas encore décidé s'il demeurerait à l'ambassade du Brésil.

M. Zelaya s'était refusé à proposer des candidats à la charge de ministre au sein d'un gouvernement d'union nationale tant qu'il ne serait pas rétabli officiellement dans ses fonctions présidentielles et que seraient ainsi "annulés les effets du coup d'Etat".

A Washington, José Miguel Insulza, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), a appelé au respect "sans subterfuges" de l'accord de sortie de crise. Le gouvernement d'union doit être dirigé par "celui qui détient légitimement les fonctions de président de la nation hondurienne", a-t-il ajouté.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Honduras, Hugo Llorens, a appelé au rétablissement du dialogue, tandis qu'à Washington le Département d'Etat se disait "déçu" par les deux camps.

Le Congrès hondurien doit se prononcer par un vote sur le retour de M. Zelaya à la présidence, dont le principe est inscrit dans l'accord, mais la date de la session parlementaire n'a pas été fixée, les députés étant en vacances parlementaires.

Le camp de M. Micheletti a multiplié les initiatives pour gagner du temps avant l'élection présidentielle prévue pour le 29 novembre. M. Zelaya a dit qu'il n'accorderait aucune légitimité au scrutin s'il n'était pas rétabli d'ici-là à la présidence.

"Des élections du style Afghanistan, je n'en veux pas pour mon pays", a-t-il déclaré à Radio Globo. "Je ne suis pas disposé à légitimer une fraude, une décision imposée, pas plus qu'à blanchir ce coup d'Etat", a-t-il conclu.

M. Zelaya a été renversé le jour où il avait organisé une consultation populaire portant sur une éventuelle réforme de la Constitution qui interdit à un président de briguer un second mandat. Son mandat doit expirer le 27 janvier 2010.

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