vendredi 6 nov, 07 h 39
MADRID (AFP) - Les familles des marins du thonier Alakrana, retenus en otages par des pirates somaliens depuis le 2 octobre, ont mis la pression vendredi sur Madrid, exigeant des négociations efficaces et une libération rapide, face aux menaces d'exécution lancées par les pirates.
Elles ont demandé que les deux pirates somaliens présumés, capturés par des militaires espagnols et transférés en Espagne pour y être jugés, soient utilisés comme monnaie d'échange.
Ricardo Blach, patront du bateau de pêche et l'un des 36 otages, a déclaré jeudi à plusieurs médias espagnols, via téléphone satellitaire, que les pirates avaient lancé un ultimatum, menaçant de "tuer dans trois jours, les trois" marins débarqués jeudi à terre.
Selon lui, les pirates exigent la libération des deux pirates détenus en Espagne. "Ils viennent de nous dire que si dans trois jours, il n'y a pas de changement pour les deux qui sont en Espagne, ils tueront les trois et puis ensuite trois autres et ainsi de suite" a déclaré M. Blach au journal El Pais.
Les marins ont des conditions de vie difficiles, avec "peu d'eau potable et de nourriture", a indiqué vendredi Argi Galbarriatu, soeur de l'un d'eux lors d'une conférence de presse organisée à Bermeo (Pays Basque, nord), port d'attache du navire.
Les familles demandent aux autorités espagnoles qu'elles "agissent immédiatement" et qu'elles "fassent tout leur possible pour ramener les 36 marins chez eux", selon une déclaration commune faite vendredi. Elles appellent à une manifestation de soutien samedi, à 11h00 GMT à Bermeo
"Nous exigeons que tous les partis se mettent à travailler dans la même direction" et que le gouvernement espagnol choisissent la voie de "la négociation" plutôt que de mettre la vie des marins en danger en optant pour une solution militaire, a déclaré Maria Angeles Jimenez, épouse d'un des marins.
Elle a également réclamé l'utilisation des deux pirates détenus en Espagne, comme monnaie d'échange par Madrid dans ses négociations.
L'armateur du thonier, la société Echebastar Flette a également demandé dans un communiqué la libération "de manière urgente" des deux Somaliens, face à une "situation devenue très grave".
Même le chef du gouvernement autonome basque, le socialiste Patxi Lopez a réclamé à la justice espagnole un transfèrement des deux Somaliens vers la Somalie ou bien au Kenya pour qu'ils soient jugés là-bas.
Mais le gouvernement socialiste espagnol reste lui, en apparence du moins, inflexible sur le sujet. Le secrétaire d'Etat à la Défense, Constantino Mendez a rappelé vendredi matin la position du gouvernement: les deux pirates présumés sont à disposition de la justice et "ce n'est pas négociable".
Sur la Radio nationale espagnole, il s'est employé à rassurer, affirmant que les membres de l'équipage étaient "tous en bonne santé" et "parfaitement localisés" et que "la dramatisation faisait partie de la technique de négociation" des pirates.
Le gouvernement reste discret sur le dispositif militaire entourant l'Alakrana qui mouille près des côtes somaliennes: deux frégates espagnoles et plusieurs moyens aériens.
Moyenne (Not Rated)
Copyright © 2009 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L’AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.