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Un réservoir d'eaux pluviales à 35 m sous la Seine prêt à fonctionner

mercredi 4 nov, 06 h 02

PARIS (AFP) - "Nous sommes à 35 m sous la Seine", indique l'ingénieur, dont la voix résonne dans l'immense cavité souterraine, fermée par de lourdes portes étanches, dignes d'une base sous-marine secrète.

Nous nous trouvons au fond d'un des deux puits permettant d'accéder à un tunnel de stockage des eaux pluviales, creusé dans le sous-sol parisien.

"C'est le plus gros tunnel de stockage en Europe", souligne Gérard Mary, directeur des grands travaux au Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (Siaap).

On y accède par un interminable escalier hélicoïdal, à partir d'un quai de la Seine, non loin de la bibliothèque François Mitterrand.

En cas de fortes pluies, l'eau sera stockée dans ce réservoir géant avant d'être acheminée dans une des stations d'épuration du Siaap en Ile-de-France, à Valenton (Val-de-Marne).

L'idée est d'éviter la saturation du réseau d'égoûts et les risques de débordement sur la chaussée.

D'une capacité de stockage de 80.000 m3 d'eau, soit l'équivalent d'un million de baignoires, ce tunnel-réservoir d'un diamètre de 6m80 sur une longueur de 1,8 km, est prêt à fonctionner.

La visite de presse organisée mardi est "exceptionnelle, car une fois que les eaux de pluie auront envahi le site, nous n'y reviendrons plus", commente Martine Moellic, directrice de la communication du Siaap.

Comme toutes les agglomérations urbaines, Paris est complètement bétonné, ce qui empêche l'eau de s'infiltrer naturellement dans le sol.

Et en cas de pluies diluviennes, les ouvrages construits pour évacuer les eaux risquent la saturation, ce qui peut arriver une à deux fois par an, selon le Siaap.

Alors "l'eau déborde sur les chaussées, inonde les riverains et finit par rejoindre la Seine avant d'avoir pu être retraitée", explique Michel Gousailles, directeur du développement au Siaap.

Ce qui est d'autant plus gênant que les eaux de ruissellement sont des eaux de lavage de la ville, surtout au tout début - elles sont moins sales au bout d'un quart d'heure de forte pluie.

"Après une longue période de temps sec, c'est la grande lessive: les eaux drainent tous les résidus de la circulation automobile, les mégots, les crottes de chien ...", souligne M. Gousailles.

Et si les eaux sales retournent directement dans la Seine, "cela créée du désordre pour les poissons".

Ce qui serait regrettable d'autant que depuis quelque temps, des saumons commencent à remonter la Seine, signe d'une nette amélioration de la qualité des eaux.

Or "le plus grand affluent de la Seine, c'est le Siaap" avec ses nombreuses stations d'épuration, soulignent ses responsables.

Le Siaap se sent d'autant plus concerné que la France comme les autres pays de l'UE, doit parvenir d'ici 2015 à "un bon état écologique" de ses eaux selon une directive cadre européenne.

Le chantier de ce tunnel, d'un coût total de 120 millions d'euros, aura duré cinq ans.

Pour le creuser, les ingénieurs ont pu récupérer la machine qui avait été utilisée pour le métro de Toulouse. Du coup, le tunnel parisien du Siaap et celui du métro de la ville rose ont exactement le même diamètre (6m80).

Cette nouvelle capacité de stockage de 80.000 m3 vient ainsi s'ajouter aux 800.000 m3 des autres réservoirs existants, l'objectif étant d'arriver à un total de 1,5 million de m3 d'ici 2020.

Une fois rempli, le tunnel-réservoir peut se vider en moins d'une journée.

"Le drame serait de ne pas pouvoir utiliser ce réservoir pour un deuxième orage, faute d'avoir pu le vider à temps", explique M. Mary.

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