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Roumanie : rejet du nouveau gouvernement, la balle dans le camp du président

mercredi 4 nov, 10 h 27

BUCAREST (AFP) - Le Parlement roumain a refusé mercredi d'accorder l'investiture au gouvernement proposé par l'économiste Lucian Croitoru, renvoyant la balle dans le camp du chef de l'Etat Traian Basescu, à moins de trois semaines de l'élection présidentielle.

Seuls 189 députés et sénateurs ont voté pour le gouvernement Croitoru, tandis que 250 ont voté contre.

M. Croitoru, un ancien représentant de la Roumanie auprès du Fonds monétaire international (FMI) âgé de 52 ans, avait été chargé le 15 octobre par le président Basescu de former un nouveau gouvernement, après la chute de celui de centre-droit d'Emil Boc.

"Ma mission est terminée", a déclaré M. Croitoru après le vote.

"C'était le meilleur gouvernement que je pouvais former", a-t-il ajouté.

La Roumanie, actuellement en négociations avec le FMI et l'Union européenne pour le versement de tranches supplémentaires d'un prêt anticrise obtenu au printemps, reste donc dirigée par le gouvernement intérimaire d'Emil Boc.

"La majorité a parlé. Nous allons maintenant demander au président Basescu de revenir à la règle d'or de la démocratie et de désigner notre candidat, Klaus Iohannis, au poste de Premier ministre", a déclaré le dirigeant des sociaux-démocrates (PSD, opposition), Mircea Geoana.

Les trois partis d'opposition disposent ensemble de la majorité absolue au Parlement depuis l'éclatement, début octobre, de la coalition formée par les démocrates-libéraux de M. Boc et les sociaux-démocrates.

Aux termes de la Constitution, il appartient au chef de l'Etat de procéder à une deuxième désignation pour former un gouvernement.

Mais l'élection présidentielle approchant -le premier tour est prévu le 22 novembre et le second le 6 décembre-, M. Basescu n'a pas exclu de laisser cela à la charge du vainqueur de ce scrutin, auquel il est lui-même candidat.

Il ressort de ses propos qu'il mise sur un retournement des alliances une fois que le résultat de la présidentielle sera connu.

Le rejet du gouvernement Croitoru risque en outre d'aggraver la crise économique, Bucarest ayant besoin du versement d'une nouvelle tranche du prêt du FMI pour pouvoir payer retraites et salaires du secteur public.

La Roumanie est entrée en récession en 2009 après des années de forte croissance. Son économie devrait se contracter de 8 à 8,5% cette année, selon les prévisions.

En évoquant le risque d'une interruption de l'accord avec le FMI et l'UE, M. Croitoru a notamment souligné que la Roumanie devrait trouver d'ici à la fin de l'année cinq milliards d'euros, notamment pour payer les retraites et salaires du secteur public. "Un tâche extrêmement difficile", a-t-il estimé.

Afin de se prémunir contre toute critique, l'opposition a tenté mercredi de rassurer les bailleurs internationaux de fonds, en autorisant le gouvernement déchu d'Emil Boc à soumettre au Parlement son projet de budget 2010.

Toujours à l'initiative de l'opposition, le Parlement a voté à l'unanimité une déclaration dans laquelle il s'engage à respecter les indicateurs économiques convenus avec le FMI, en ramenant en particulier le déficit public à 5,3% en 2010, contre 7,9% attendus en 2009.

Le FMI, qui a fait preuve de sa bonne volonté en acceptant d'envoyer une mission à Bucarest malgré l'absence d'un gouvernement stable, a assuré mercredi "chercher des solutions pour pouvoir respecter le niveau prévu des déficits" au cours des négociations avec les responsables roumains.

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