mercredi 4 nov, 14 h 54
MILAN (AFP) - Le tribunal de Milan a abandonné mercredi les poursuites contre les ex-chefs de la CIA à Rome, Jeff Castelli, et du Sismi, le renseignement militaire italien, Nicolo Pollari, mais a condamné 23 ex-agents de la CIA et deux Italiens pour l'enlèvement en 2003 d'un imam égyptien en Italie.
L'ancien responsable de la CIA à Milan de l'époque, Robert Seldon Lady, a été condamné à huit ans de prison et 22 autres Américains, tous jugés par contumace, à cinq ans de réclusion. Deux ex-agents italiens ont été condamnés à trois ans de prison.
Pour Nicolo Pollari, le juge Oscar Maggi a fait valoir qu'il est protégé "en raison du secret d'Etat" et ne peut donc pas être jugé. Les avocats de la défense avaient argué de l'impossibilité de prouver l'innocence de leur client en raison de la confidentialité des détails de l'affaire.
Pour l'ex-chef de la CIA à Rome, Jeffrey Castelli, et deux autres agents de la CIA, le renoncement aux poursuites pénales a été appuyé par le juge par leur "immunité diplomatique" en tant que fonctionnaires américains à Rome.
L'imam égyptien Abou Omar avait été enlevé dans une rue de Milan le 17 février 2003 lors d'une opération coordonnée entre le Sismi et la CIA. Ses avocats affirment qu'il a été torturé dans la prison de haute sécurité où il avait été détenu en Egypte et ont réclamé 10 millions d'euros de dommages et intérêts.
Ce procès est hautement symbolique car c'est le premier en Europe sur les transfèrements secrets par la CIA de personnes soupçonnées de terrorisme vers des pays connus pour pratiquer la torture, après les attentats du 11 septembre.
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