mercredi 4 nov, 08 h 20
RYAD (AFP) - Un militaire saoudien a été tué dans un accrochage avec des rebelles yéménites dans la zone frontalière entre les deux pays au cours duquel un rebelle a également été tué, laissant craindre une extension du conflit.
Selon un porte-parole officiel saoudien mercredi, l'attaque a eu lieu mardi à Jebel Doukhan, une région montagneuse située à cheval entre l'Arabie saoudite et le nord du Yémen où les combats font rage entre soldats et rebelles zaïdites chiites depuis près de trois mois.
"Des hommes armés se sont infiltrés à Jebel Doukhan, en territoire saoudien (...) et ont ouvert le feu contre des patrouilles des garde-frontières, tuant l'un d'eux et blessant 11", a déclaré le porte-parole cité par l'agence officielle Spa.
Les forces saoudiennes "s'acquitteront de leur devoir pour préserver la sécurité de la patrie, défendre ses frontières et dissuader les infiltrés d'où qu'ils viennent", a-t-il ajouté.
Pour sa part, le rébellion zaïdite yéménite a affirmé dans un communiqué mis en ligne qu'un de ses combattants avait été tué dans un accrochage avec les garde-frontières saoudiens.
"Les garde-frontières saoudiens ont tiré contre l'un de nos véhicules, faisant un martyr et un blessé" à Jebel Doukhan, a indiqué le communiqué.
"Si le régime saoudien continue à nous attaquer, nous assurerons notre autodéfense (...) et prendrons toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à ces agressions flagrantes", a ajouté le communiqué, mettant Ryad en garde contre "les graves conséquences" de son "ingérence".
Interrogé par l'AFP, le porte-parole de la rébellion, Mohammad Abdel Salam, a précisé que les garde-frontières saoudiens avaient ouvert le feu sur ses hommes, qui avaient riposté.
Il a assuré que les rebelles avaient "toujours tenté par le passé d'éviter tout accrochage avec les forces saoudiennes".
Il s'agit du premier incident du genre à la frontière entre l'Arabie et le Yémen depuis le début en août de l'offensive de l'armée yéménite contre la rébellion zaïdite dans le nord du Yémen.
Lundi, la rébellion avait accusé Ryad de "donner à l'armée yéménite l'accès à une base saoudienne dans le Jebel Doukhan", demandant aux "Saoudiens de garder leur neutralité".
Un haut responsable yéménite avait démenti ces "allégations répétées des rebelles", niant toute aide saoudienne.
Les rebelles avaient accusé l'armée saoudienne le 19 octobre d'avoir bombardé un marché d'une localité yéménite frontalière, ce qu'avait démenti Sanaa.
L'Arabie saoudite dit soutenir politiquement et économiquement les autorités yéménites sans jamais évoquer de soutien militaire à l'armée du président Ali Abdallah Saleh.
Mais Ryad, qui s'inquiète de la poursuite de cette guerre, a renforcé les mesures de sécurité à sa frontière avec le Yémen, où les gardes-frontières sont déjà actifs redoutant l'infiltration d'activistes islamistes et le trafic d'armes et de drogue.
Les combats entre rebelles, qui disputent aux autorités de Sanaa le contrôle des provinces de Saada et d'Omrane, et l'armée ont éclaté le 11 août dans le cadre d'un conflit récurrent depuis 2004, et ont fait jusqu'à présent des centaines de morts et de blessés et quelque 150.000 déplacés.
Le pouvoir accuse les rebelles de vouloir rétablir le règne de l'imamat zaïdite, renversé en 1962. Les rebelles s'en défendent en affirmant réclamer un développement "socio-économique de Saada" et un "respect" de leur droit à exprimer leurs opinions en toute liberté.
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