Reuters

Mondial: une victoire longtemps attendue

mercredi 28 jui, 10 h 55

HAMELN, Allemagne (Reuters) - Le match réussi par la France mardi face à l'Espagne en huitième de finale du Mondial est celui que Raymond Domenech attendait depuis des semaines, des mois, voire même depuis sa prise de fonction en juillet 2004.

Jamais sous son règne, cette équipe, jugée dans un premier temps trop inexpérimentée puis cataloguée comme trop vieille, n'était parvenue à une telle maîtrise et à une telle intelligence dans le jeu.

A l'évidence soulagé par une qualification qu'inconsciemment tout un pays estimait indispensable après le fiasco de 2002, Domenech est apparu radieux, souriant et affable lors de sa conférence de presse de mercredi.

"Il y a certainement l'idée que cette équipe voulait montrer ce qu'elle avait dans les tripes", a-t-il dit. "Car c'était quelque chose qu'elle n'avait pas encore pu faire."

Après l'inquiétante série de matches nuls lors des qualifications, les Français avaient poursuivi dans la même veine en acceptant le partage des points avec la Suisse et la Corée du Sud lors du premier tour.

L'humiliation (3-1) infligée à des Espagnols qui avaient peut-être pris leurs voisins d'un peu haut est venue effacer bien des doutes.

"Sur le troisième but, il y a quelque chose de fort qui s'est passé. Quelque chose que nous avions au fond de nous depuis des semaines ou des mois", a expliqué Domenech en allusion au but de Zinedine Zidane.

"Nous n'étions pas parvenus à le faire sortir car il y avait beaucoup de tension et beaucoup de pression mais nous savions que c'était là et nous étions conscients de la valeur de cette équipe."

MATCH PARFAIT?

Pendant 90 minutes, les Français ont suivi une idée directrice qui fut de faire "déjouer" leurs adversaires, en n'abandonnant jamais leur tactique même lorsque cela pouvait être tentant.

L'instant d'euphorie passé, Domenech s'est refusé à qualifier la victoire de Hanovre comme un match fondateur.

Revenant à sa réserve habituelle, il s'est contenté d'affirmer que cette victoire n'était qu'une étape sur la route menant au rendez-vous de Berlin.

"Ce que nous voulions, c'était écrire une belle page du Mondial", a-t-il dit. "On voulait que dans cinq ou 10 ans, les gens repensent à ce moment et se disent qu'ils avaient vu un grand match.

"Ce fut un vrai moment de bonheur collectif qui a déteint sur toute la France", a-t-il poursuivi. "Mais ce qui compte, dès maintenant, c'est la prochaine rencontre" face au Brésil, tenant du titre.

Les Français peuvent-ils encore mieux jouer voire réussir le match parfait face aux grandissimes favoris, venus chercher en Allemagne une sixième étoile?

"Le match parfait, il faudra le faire le 9 juillet", a répondu Domenech, une lueur d'envie dans son regard sombre.

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