mardi 27 jui, 17 h 25
par Pierre Sérisier
HANOVRE, Allemagne (Reuters) - La France s'est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde en battant magistralement (3-1) l'Espagne, considérée comme l'une des favorites du tournoi.
Les Français ont livré un match magnifique de sang-froid et de maîtrise, conclu par un but superbe de Zinedine Zidane dans les arrêts de jeu face à un adversaire très coriace.
Bien que menés à la marque sur un penalty de David Villa pour une faute de Lilian Thuram sur Pablo Ibanez à la 28e minute, les hommes de Raymond Domenech ont montré des ressources morales presque insoupçonnées.
Après ses médiocres performances du premier tour, les pronostics n'étaient guère en faveur de cette équipe vieillissante.
Mardi à Hanovre, la France est apparue transformée, sûre d'elle-même et prête à offrir à son héros, Zidane, une sortie digne de sa carrière.
"J'ai le regret de dire aux Espagnols que la retraite, ce ne sera pas pour ce match-là," a déclaré Zidane. "L'aventure continue. On est tous très contents de pouvoir passer ce tour.
"On a démontré qu'on avait un bon groupe qui voulait aller très loin", a-t-il ajouté.
Les Français vont maintenant affronter le Brésil pour une revanche de la finale de 1998 qu'ils avaient remportée sur le score improbable de (3-0) au Stade de France.
Cette qualification constitue déjà l'assurance d'un Mondial réussi alors qu'il s'annonçait calamiteux après le premier match contre les Suisses.
Les Bleus font bien partie des huit meilleures équipes du monde en ralliant des quarts de finale où aucun des favoris ne manque à l'appel.
"On a une équipe de vieux mais on sait être patients. Les jeunes s'essoufflent plus vite. On a quelque chose d'exceptionnel à jouer", a commenté un Domenech radieux.
Après un premier tour plus que décevant où ils avaient peiné à trouver leur jeu, les Bleus sont apparus plus fringants, sans doute stimulés par l'enjeu.
Ces nouvelles dispositions étaient perceptibles dès le début de la rencontre avec un placement plus haut et un pressing constant.
LE DERNIER MOT POUR ZIDANE
Comme prévu, les Espagnols tentaient de confisquer le ballon et de procéder par petites passes, avec de brusques accélérations sur les ailes.
A la 28e minute, Thuram marchait sur le pied de Pablo Ibanez et l'arbitre italien Cristiano Copelli indiquait le point de réparation.
David Villa, auteur de deux buts lors de la première phase, transformait la sanction sans trembler pour donner l'avantage aux siens.
La question était alors celle des ressources mentales de l'équipe de France et de sa réaction lorsqu'elle était menée au score.
Cela ne lui était plus arrivé depuis le match amical contre la Slovaquie qu'elle avait perdu (2-1), soit la première défaite de l'ère Domenech.
Il lui fallait un sauveur et il ne pouvait que s'appeler que Ribéry.
Le Marseillais, devenu le chouchou du public en l'espace de six rencontres, obtenait une égalisation pleine de sang-froid à la 41e minute.
Servi par un Vieira, de plus en plus impressionnant, Ribéry, prenait de vitesse deux défenseurs, passait Iker Casillas et poussait le ballon dans les filets.
Ce premier but en sélection confirmait tous les espoirs placés dans l'ancien Messin pour incarner la nouvelle génération des Bleus.
Vieira, déjà sauveur des siens contre le Togo, démontrait ensuite toute l'étendue de son talent en venant battre Casillas d'une tête piquée sur un coup-franc de Zidane à sept minutes de la fin.
Le milieu de terrain, en retrait lors de la préparation, n'a cessé de progresser au fil des rencontres.
Pour parachever le triomphe, le dernier mot est revenu à Zidane qui fêtait sa 105e apparition sous le maillot étoilé et a livré une de ses plus belles performances de ces dernières années.
Dans les arrêts de jeu, le maître à jouer des Bleus prenait toute la défense à contre-pied, pour battre Casillas d'une petite balle piquée.
Son sourire en allant saluer les supporteurs français disait assez quelle était sa motivation avant ce match à quitte ou double.
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