La Presse Canadienne

Mondial Synthèse: La France bat l'Espagne et affrontera le Brésil

mardi 27 jui, 17 h 32

HANOVRE (AP) - Des Bleus étincelants, au jeu parfois aussi léché que celui de leurs glorieux prédécesseurs de 1998, on battu l'Espagne 2-1 mardi à Hanovre en 8e de finale de la Coupe du monde de football pour s'offrir le droit d'affronter les quintuples champions du monde brésiliens en quart de finale.

Menés au score, les hommes de Raymond Domenech emmenés par un Zidane flamboyant, ragaillardi physiquement par son match de suspension purgé face au Togo, ont profité du mélange de leur jeunesse et de leur expérience pour revenir au score et l'emporter.

Franck Ribéry a égalisé (41e) pour signer son premier but en bleu après un penalty transformé par David Villa (27e). Patrick Vieira a mis une autre banderille (2-1, 83e), puis Zidane a porté l'estocade après un remarquable travail dans la surface adverse (90+2).

Les nombreux supporters espagnols étaient venu assister, et même participer, à la mise à mort d'une équipe de France supposée moribonde, et à celle de Zinédine Zidane, le "matador" retraité des arènes de Madrid.

La Marseillaise était sifflée, les tribunes rouges scandaient ironiquement "I will Survive", l'hymne des champions du monde 1998.

Invaincus depuis 25 rencontres, les Espagnols semblaient vouloir prendre le match en main grâce à leur jeune et talentueux quatuor offensif du milieu de terrain. Sur coup franc, Mariano Pernia léchait du gauche la lucarne droite de Fabien Barthez (8e).

Fidèle à ses schémas tactiques prudents, Raymond Domenech n'alignait qu'une pointe, Thierry Henry, acceptant ainsi la domination adverse.

Le premier tir cadré de la partie était signé Thierry Henry, mais il était capté facilement par Iker Casillas (12e).

Patrick Vieira dans l'axe cherchait à apporter du soutien au trio Zidane-Ribéry-Malouda, chargé de créer le danger.

Sur un beau dédoublement Zidane-Ribéry, "Zizou" voyait sa frappe contrée pour un corner (16e).

Zidane ouvrait ensuite pour Henry, mais Carles Puyol interceptait in extremis (18e).

La possession du ballon était espagnole, les actions les plus tranchantes françaises.

Sur une ouverture d'un Zidane démontrant qu'il ne comptait pas disputer son dernier match face à quelques uns de ses partenaires du Real, Henry de la droite centrait, mais Ribéry puis Vieira était trop courts, le ballon filant devant le ballon de Casillas (23e).

Sans avoir eu une seule occasion, les hommes de Luis Aragones allaient ouvrir le score contre le cours du jeu. Pour sa 118e sélection record, Thuram marchait dans la surface sur le pied de Pablo et l'arbitre italien Roberto Rosetti désignait le point de penalty.

David Villa, meilleur réalisateur espagnol de la Liga avec Valence, trompait Barthez pour signer son cinquième but en 12 sélections (1-0, 28e).

Les Espagnols, auteurs de huit buts en trois matches au premier tour pour un seul encaissé, semblaient sur la voie royale.

Les Français pouvaient rêver en pensant que la dernière fois qu'ils étaient revenus après avoir été menés au score en compétition, face à l'Angleterre lors de l'ouverture de l'Euro portugais le 13 juin 2004 à Lisbonne, ils l'avaient emporté grâce à deux buts de Zidane en deux minutes en fin de rencontre (2-1, le 13 juin 2004 à Lisbonne).

Ils repartaient au combat vaillamment.

Sur une ouverture millimétrée de Vieira, déjà décisif contre le Togo avec un but marqué et une balle décisive distillée pour le 2-0 crucial pour la qualification, Franck Ribéry gagnait son face à face contre Casillas et égalisait du gauche malgré le retour de deux défenseurs (1-1, 41e).

Pour sa sixième sélection, le Marseillais de 23 ans marquait son premier but en bleu (1-1, 41e).

Les Espagnols pouvaient à leur tour douter en ce jour anniversaire de leur défaite en finale de l'Euro 1984 face aux Français.

La deuxième mi-temps débutait avec une interrogation principale: la jeunesse espagnole notamment en attaque (six joueurs de moins de 26 ans) allait-elle triompher de l'expérience des Bleus, entrés sur le terrain avec sept joueurs de plus de 29 ans?

Sur une ouverture de Zidane, Florent Malouda tentait un lob du gauche mais Casillas dégageait du poing (52e).

Aragones qui a l'habitude de dire que "qui détient le ballon possède le match" commençait à en perdre son latin. Il sortait conjointement deux "gâchettes", Villa et Raul, meilleur réalisateur de la "Furia Roja" avec 44 buts en 99 sélections (54e minute).

Ribéry, intenable, faisait presque à lui seul reculer le réputé bloc-équipe espagnol.

Les 43.000 spectateurs de l'AWD-Arena assistaient à un excellent match, le 700e de l'histoire de la Coupe du monde, et peut-être le meilleur des Français depuis l'Euro 2000.

Les "vieux" étaient magnifiques, à l'image d'un Vieira sanctionné d'un carton jaune pour débauche d'énergie.

Les Espagnols multipliaient les fautes, Marcos Senna entrait pour le dernier remplacement d'Aragones (72e).

Domenech lançait Sidney Govou à la place de Malouda (74e).

Joaquin était proche du 2-1 sur une frappe croisée qui trouvait le petit filet de Barthez (80e).

Ribery répliquait par un décalage de Govou, qui tirait au-dessus (82e).

Les Français étaient récompensés de leurs efforts sur un coup franc de Zidane. Xabi Alonso le déviait de la tête et Patrick Vieira marquait du crâne le but qui lui avait été refusé contre la Corée du Sud (2-1, 84e).

Le coup de grâce venait de Zidane, qui grâce à son 29e but en 105 sélections, faisait définitivement taire la grosse caisse de Manolo (92e).

La France affrontera sans peur le Brésil samedi à Francfort pour la revanche de la finale du Mondial 1998

-

DORTMUND (AP) - Le Brésil n'a pas eu à forcer son talent pour se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde en battant 3-0 le Ghana, la dernière équipe africaine encore en compétition, en huitièmes de finale mardi après-midi à Dortmund.

Face aux Ghanéens, parfois surnommés "les Brésiliens d'Afrique", les artistes brésiliens ont mis la pédale douce, semblant se contenter d'attendre l'adversaire après avoir pris la tête dès la 5e minute grâce à un but de Ronaldo.

Si l'écart est le plus large enregistré jusque-là lors des huitièmes de finale du Mondial allemand, le quintuple champion du monde continue d'avancer tranquillement dans le tournoi sans qu'il soit possible de situer son niveau et sans avoir totalement répondu aux nombreuses attentes que suscite la qualité de son effectif.

Les Ghanéens avaient le tort de respecter trop l'adversaire et de le regarder jouer. Un mauvais alignement en défense leur était vite fatal. Kaka pouvait servir Ronaldo à la limite du hors-jeu. Personne ne pouvait rattraper le Madrilène qui se présentait seul devant Richard Kingston. Un passement plus tard, il dribblait le portier par la gauche et s'ouvrait le chemin du but.

En même que les filets tremblaient, un frisson secouait le stade et, avec lui, toute la planète soccer.

Ronaldo venait d'inscrire son 15e but en Coupe du monde depuis 1998 et de battre le record détenu jusque-là par l'Allemand Gerd Muller (1970 et 1974). Le record de buts en une seule phase finale appartient toujours au Français Just Fontaine avec 13 réalisations en 1958.

Le coup était dur pour le Ghana qui, pour sa première participation en phase finale, avait été la seule des cinq nations africaines à se hisser au deuxième tour. Privés de leur guide habituel Michael Essien, suspendu, les "Black Stars" tardaient un peu à se reprendre et surtout se mettaient à la faute, récoltant deux avertissement en dix minutes.

Un tir d'Haminu Dramani, auteur d'un but dans le match décisif du premier tour contre les Etats-Unis, sonnait la révolte ghanéenne. Une frappe lointaine de Dida préférait claquer en corner (19e). Plus tard, Dida était tout chanceux quand une reprise de la tête de John Mensah rebondissait sur son tibia alors que la cage était grande ouverte devant l'arrière rennais (42e).

Là-dessus, Lucio amorçait un contre à la vitesse du TGV qui, après un relais de Kaka, aboutissait à Cafu. Le vétéran brésilien (36 ans depuis le 7 juin), qui disputait son 19e match en phase finale et devenait le joueur brésilien le plus capé en Coupe du monde, effectuait un centre tendu qu'Adriano coupait de la cuisse au deuxième poteau. L'attaquant de l'Inter Milan était hors-jeu, ce qui n'empêchait pas l'arbitre slovaque Lubos Michel de valider le but (45e).

En seconde période, les Brésiliens acceptaient curieusement de laisser l'initiative du jeu à leurs rivaux. Ces derniers avaient cependant du mal à profiter de cette semi-liberté d'action. S'ils construisaient bien, ils péchaient souvent par excès de précipitation.

Il fallait attendre la 69e minute pour voir le Ghana menacer sérieusement Dida. Sur une passe de Stephen Appiah dans l'axe, Asamoah Gyan, déjà auteur d'un but dans la compétition, pénétrait au coeur de la défense brésilienne mais sa frappe était stoppée en deux temps par Dida.

Le Ghana terminait à dix après l'expulsion de Gyan pour un deuxième avertissement (81e) et dans son désir de sauver l'honneur, s'exposait. Sa défense se faisait une fois de plus piéger sur une balle en profondeur pour Zé Roberto parti à la limite du hors-jeu. Le reste était un jeu d'enfant pour le joueur du Bayern Munich qui gagnait son duel avec Kingston et n'avait plus qu'à pousser le ballon dans la cage désertée (84e).

En fin de match, le portier ghanéen sauvait son équipe d'une humiliation imméritée en repoussant trois tentatives de Ronaldo, Cafu et Juan.

RECOMMANDEZ CET ARTICLE

Notez-la ou Votez:

Moyenne (Not Rated)

0.0 Étoiles