La Presse Canadienne

Les syndicats fêtent "dans la sobriété" l'entente sur l'équité salariale

mardi 20 jui, 14 h 52

Par Lia LÉVesque

MONTREAL (PC) - Après 20 ans de travail "d'arrache-pied", les organisations syndicales du secteur public célébreront "dans la sobriété" l'entente sur l'équité salariale intervenue avec le gouvernement Charest.

"Dans la sobriété" parce que le combat a pris 20 ans et que tous les gouvernements pendant cette époque "ont connu de longues phases de négation" des écarts salariaux entre les postes détenus par des hommes et ceux détenus par des femmes, a souligné la présidente de la CSN Claudette Carbonneau, lors d'une conférence de presse conjointe des cinq syndicats concernés, mardi à Montréal.

Dans la sobriété aussi parce que tout n'est pas réglé, puisque le gouvernement veut étaler sur plusieurs années le versement des correctifs, alors que les syndicats veulent y aller plus rondement. Et aussi parce que les tribunaux ont dû s'en mêler pour que le gouvernement finisse par régler, ont tour à tour relevé les cinq dirigeants syndicaux présents.

"On n'oublie pas pour autant les trois années de mandat de ce gouvernement-là", a prévenu le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) Réjean Parent, toujours amer face à l'imposition des conventions collectives au secteur public et parapublic, en décembre dernier.

La Fédération des infirmières, souligne sa présidente Lina Bonamie, compte 92 pour cent de femmes. Ce sont "des sommes qui nous étaient dues depuis des années. C'est une victoire pour toutes les Québécoises", s'est-elle exclamée.

Le secrétaire général de la FTQ René Roy, dont la centrale a des liens avec les grands syndicats pancanadiens, a souligné que le Québec "a obtenu mieux que l'Ontario, mieux que les autres provinces". Malgré tout, c'est lui qui a utilisé l'expression célébrer "dans la sobriété", une expression reprise par ses homologues.

Pour expliquer sa joie modérée, M. Roy a souligné que les téléphonistes de Bell Canada ont aussi réglé leur dossier, ces derniers jours, après 14 années de lutte pour l'équité salariale. "Ca fait 20 ans qu'on travaille sur l'équité salariale."

Réjean Parent, de la CSQ, se montre tout de même fier d'une chose: "nous avons été en mesure de défoncer ce cadre financier" du gouvernement Charest.

Fait à noter, les travailleuses en garderie dans les Centres de la petite enfance n'ont toujours pas conclu leur négociation sur l'équité salariale, n'étant pas considérées comme faisant partie du secteur public et parapublic. Celles qui travaillent dans un service de garde en milieu scolaire, cependant, font partie du groupe des cinq organisations syndicales qui viennent de conclure une entente avec le gouvernement.

Les cinq signataires sont la CSN, la FTQ, la CSQ, la Fédération des infirmières et l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

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