samedi 10 jui, 14 h 48
PARIS (AP) - Justine Henin-Hardenne a obtenu, samedi, son billet pour la première classe du tennis féminin en s'adjugeant facilement son troisième titre à Roland-Garros, aux dépens de la Russe Svetlana Kuznetsova.
Victorieuse 6-4, 6-4, la joueuse belge, sans doute la meilleure spécialiste de la terre battue de sa génération, rejoint ainsi Arantxa Sanchez, Steffi Graf, Monica Seles, Chris Evert, Margaret Court ou Suzanne Lenglen dans le cercle fermé des triples reines de Paris.
Elle est aussi la première joueuse, depuis Graf en 1996, à conserver son bien.
"Le premier titre, c'est toujours spécial, évidemment. Mais trois, ça fait beaucoup. Je rejoins de grandes championnes comme Arantxa Sanchez ou Steffi Graf", a lancé la jeune femme dans un court Philippe-Chatrier.
"C'est fantastique d'être parmi tous ces noms. Ce n'est que mon cinquième titre du Grand Chelem. Je ne serai jamais à leur niveau. Je n'aurais jamais pensé gagner trois fois ici, maintenant tout ce qui vient, c'est du bonus."
"Ce n'est pas vraiment une revanche, mais il y avait peu de gens qui pensaient que je pouvais faire ça dans ma carrière, mais ce n'est pas une fin en soi. La chose la plus importante, c'est la santé. Et j'ai prouvé qu'avec la santé, j'arrivais à enchaîner les succès", a-t-elle ajouté.
Il s'agit en effet du cinquième titre du Grand Chelem remporté par la cinquième tête de série du tournoi, également sacrée aux Internationaux d'Australie en 2004 et aux Internationaux des Etats-Unis en 2003.
Cette victoire est celle de la logique puisque la favorite du public et première tête de série, Amélie Mauresmo, a échoué pour la 12e fois prématurément sur une terre battue qui ne lui convient pas. Les autres adversaires de Justine au départ du tournoi, Kim Clijsters, Maria Sharapova ou Venus Williams ne sont pas non plus à leur aise sur la surface.
En 1h36, la Liégeoise, qui a fêté ses 24 ans le 1er juin, a simplement imposé son expérience, son rythme, sa science de la surface pour dominer Kuznetsova, l'invitée surprise de ce dernier acte, qui a retrouvé une finale du Grand Chelem pour la première fois après son sacre sans lendemain aux Internationaux des Etats-Unis en 2004.
Spécialiste des retours désespérés tout au long de cette quinzaine, puisqu'elle avait, par trois fois, remonté un set de retard pour atteindre cette finale, Kuznetsova n'a pas réussi, cette fois à inverser la tendance.
Une meilleure entame de second set, qui la voyait mener 2-0, ne fut qu'un répit pour la joueuse de Saint-Petersbourg, qui a aussitôt perdu son service dans le jeu suivant en même temps que ses illusions.
Les sixième et septième jeux de cette dernière manche étaient les plus disputés de cette rencontre à sens unique: Henin est parvenue à sauver deux balles de bris à 3-3 pour conserver son engagement et en a profité pour prendre celui de son adversaire, huitième tête de série, dans le jeu suivant.
"Ce qui a fait la différence, ce sont les points importants et ce jeu à 3-3 dans le deuxième set où j'ai réussi à conserver difficilement mon service avant de breaker derrière", a-t-elle dit.
L'heure de Kuznetsova était passée. Servant mieux qu'elle ne l'avait fait en ce début de second set, alternant la longueur et la puissance de ses balles, la Liégeoise a repris le contrôle des opérations pour s'imposer d'un service gagnant.
La première manche avait obéi, peu ou prou, au même scénario: Henin avait mené 4-1 avant que Kuznetsova n'entretienne un semblant d'illusion en refaisant l'un de ses deux bris de retard. Simplement pour s'incliner 6-4 en 50 minutes.
"Je n'ai pas su saisir ma chance, mais elle a fait un grand match", a concédé Kuznetsova, qui avait eu une balle de match l'an dernier contre la Belge, avant de résumer ce qui fait la force de Henin-Hardenne à Paris.
"Son revers est très bon, elle joue intelligemment, elle varie le jeu et elle sert très bien. C'est aussi le mental, elle y croit, elle croit vraiment à la victoire."
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