jeudi 5 nov, 23 h 23
Un militaire américain a ouvert le feu, jeudi, à la base de Fort Hood, à Killeen, une localité située entre les villes d'Austin et Waco, au Texas. Selon le dernier bilan, 12 personnes ont perdu la vie au cours de la tragédie, et 31 autres ont été blessées.
Des renseignements contradictoires ont circulé jusqu'en fin de soirée. Citant des porte-parole de l'armée, les médias américains ont affirmé, tout au long des dernières heures, qu'il avait été abattu sur la base. Mais selon les informations les plus récentes, communiquées à 21 h 25 HE par le commandant de la base militaire, le tireur présumé est encore en vie.
Il a été gravement blessé et transféré dans un hôpital, où il a subi une opération. « Il est en état d'arrestation et son état est stable », a indiqué un haut-gradé de la base.
Le tireur a été désigné comme étant Nidal Malik Hassan, un psychiatre de l'armée âgé de 39 ans et ayant le grade de major. La sénatrice Kay Bailey Hutchison a indiqué qu'il était sur le point d'être déployé en Irak ou en Afghanistan.
« L'enquête est en cours, mais les premières informations indiquent qu'il y avait un seul tireur qui a été touché par balles à plusieurs reprises », a déclaré un porte-parole militaire. Au cours des dernières heures, les autorités avaient arrêté un deuxième suspect. Précédemment, deux militaires avaient été arrêtés, mais ils ont été relâchés.
L'immense majorité des victimes sont mortes sur la base, mais la dernière a succombé à ses blessures une fois rendue à l'hôpital. Une seule, un policier, était un civil.
Des agents du FBI et du Bureau chargé de la mise en application de la loi sur les armes, les explosifs, le tabac et l'alcool ont été dépêchés sur place.
La fusillade, qui a été commise à 14 h 30 HE, est survenue dans un bâtiment surnommé Soldier Readiness Center, utilisé pour les préparatifs en vue du déploiement des troupes. Le représentant du Texas, John Carter, a révélé qu'elle avait éclaté au cours d'une cérémonie de remise des diplômes. Des tirs ont également retenti près d'une salle de cinéma de la base.
Présentement inaccessible, le site web de Fort Hood indique que la base est fermée. En après-midi, les écoles du secteur ont en outre fait l'objet de mesures de confinement.
La base abrite en outre 17 000 personnes appartenant aux familles de militaires. Elle est utilisée pour la réhabilitation de plusieurs soldats qui souffrent du syndrome de stress post-traumatique, et emploie près de 9000 civils.
À la recherche de réponses
Autant les médias que les militaires tentent de comprendre pourquoi un militaire américain s'est retourné contre les siens. Des sources militaires ont indiqué sous le couvert de l'anonymat que Nidal Malik Hassan avait travaillé six ans dans un centre médical militaire de Washington, où il a reçu une mauvaise évaluation professionnelle. Il a été transféré à Fort Hood en juillet dernier.
Sur les ondes de Fox News, un colonel à la retraite qui dit avoir travaillé avec lui a affirmé que l'auteur de la fusillade espérait que le président Obama procède à un retrait d'Irak et d'Afghanistan. Selon lui, il se disputait souvent avec des collègues qui soutenaient les opérations militaires dans ces deux pays. Il aurait tenté d'empêcher son déploiement, prévu pour la fin du mois.
Des autorités fédérales ont indiqué qu'elles s'étaient intéressées à lui au cours des six derniers mois à cause de commentaires qu'il aurait publiés sur Internet. La responsabilité des textes mis en ligne n'a toutefois pas été confirmée. Dans un blogue, il aurait notamment tracé un parallèle entre un attentat suicide et le geste d'un soldat qui se jette devant une grenade pour sauver ses camarades de combat.
Selon un de ses proches, interviewé par le réseau Fox News, Nidal Malik Hassan se disait victime de harcèlement de la part de ses collègues à cause son « origine moyen-orientale ». Il serait de descendance jordanienne, mais les autorités ignorent s'il est né au pays.
Le Conseil des relations américano-islamiques, une des principales associations musulmanes américaines, s'est pour sa part inquiétée de l'impact que pourrait avoir ce geste individuel sur la communauté arabo-musulmane en entier. Par communiqué, elle a condamné « cette attaque d'une grande lâcheté » et offert ses condoléances aux proches des victimes.
Les politiciens offrent leurs sympathies
Dans un bref point de presse, le président Obama a exprimé ses condoléances aux familles. « C'est déjà difficile de perdre ces Américains courageux dans des batailles à l'étranger. C'est horrible qu'ils soient pris pour cible sur une base de l'armée sur le sol américain », a-t-il déclaré.
Qualifiant cet acte d'« horrible explosion de violence », il a également assuré qu'il travaillait de pair avec le Pentagone, le FBI et le secrétariat de la Sécurité intérieure pour assurer la sécurité de la population sur la base et du secteur.
Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, tout comme le chef d'état-major américain, Michael Mullen, ont eux aussi exprimé leurs sympathies. L'ex-président George W. Bush, résident du Texas, a fait de même. « Je peux assurer que le secrétariat de la Défense fera tout ce qui est en son pouvoir pour aider la communauté de Fort Hood au cours de cette période difficile », a ajouté Robert Gates.
Les membres du Congrès ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes.
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