jeudi 5 nov, 15 h 08
Pas de « jamais deux sans trois » pour Magna International. L'équipementier canadien a mis une croix sur son rêve de devenir constructeur automobile. L'annulation de la vente d'Opel par General Motors mardi dernier constitue le second revers pour l'équipementier canadien qui avait tenté d'acquérir Chrylser en 2007.
Don Walker, co-chef de la direction de l'entreprise, a déclaré que l'entreprise allait maintenant se concentrer sur l'acquisition d'autres entreprises de pièces automobiles. Et ce, avec l'argent qu'elle n'a pas dépensé dans l'achat d'Opel.
L'action de Magna a grimpé de plus de 10 % mercredi, les investisseurs semblant soulagés du fait que l'équipementier ne se lance pas dans l'aventure automobile.
GM dit avoir les épaules assez larges
Du côté de General Motors, on se dit capable de financer la restructuration d'Opel en lui affectant des fonds en provenance des États-Unis, a déclaré jeudi son directeur général Fritz Henderson. La restructuration est évaluée à 4,74 milliards de dollars.
Et d'ajouter que GM comptait rembourser le prêt relais de 2,3 milliards que Berlin lui avait accordé. De cette somme, 1,4 milliard aurait déjà été remboursé.
Le PDG de GM a réitéré qu'il allait présenter un plan aux gouvernements européens concernés sous peu. Mais il s'est refusé à chiffrer le nombre de licenciements envisagés. Le vice-président de l'entreprise, John Smith, avait pourtant avancé le chiffre de 10 000 licenciements mercredi.
Les travailleurs allemands manifestent
Jeudi matin, des milliers de salariés ont manifesté contre cette perspective sur les quatre sites d'Opel en Allemagne.
La restructuration menée par les Américains « se fera essentiellement au détriment de l'Allemagne et de la Belgique », a tempêté le chef du comité d'entreprise d'Opel, Klaus Franz.
Le syndicat britannique Unite a, quant à lui, indiqué qu'il allait travailler avec GM pour s'assurer que les suppressions de postes envisagées au sein de Vauxhall, marque jumelle d'Opel au Royaume-Uni, se fassent sous la forme de départs volontaires.
La répartition des licenciements suscite l'appréhension des travailleurs dans ces deux pays, mais aussi en Espagne et en Pologne, où se trouvent des usines d'Opel. Mais plusieurs font montre d'optimisme, espérant un sort plus heureux qu'avec Magna.
En Belgique, autre pays concerné, l'heure est à la résignation: qu'Opel/Vauxhall soit vendu ou reste dans le giron américain, l'usine d'Anvers était dans tous les cas condamnée.
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