Radio-Canada

Autorité palestinienne : Abbas jette l'éponge

jeudi 5 nov, 21 h 39

D'un côté, le Hamas soustrait la bande de Gaza à son autorité, de l'autre côté le gouvernement israélien refuse de geler la colonisation, et enfin Washington revient sur son exigence de demander à Israël le gel total de la colonisation et se contente d'un gel partiel.

Mahmoud Abbas s'est retrouvé piégé. Ne pouvant s'imposer ni à l'intérieur ni à l'extérieur, il a fini par annoncer jeudi au Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) qu'il renonçait à se présenter à la présidence de l'Autorité palestinienne, prévue le 24 janvier prochain.

Par la suite, dans un discours diffusé par la télévision palestinienne, M. Abbas a confirmé qu'il ne désirait pas présenter sa candidature à la prochaine élection. Il a précisé que sa décision n'était pas une manoeuvre politique, mais une position de principe. Il a ajouté que sa position n'était pas sujette à débat.

Dans un discours rappelant son parcours et celui du mouvement national palestinien, M. Abbas a énuméré toutes les étapes des négociations entre les Palestiniens et les Israliens pour enfin conclure que le processus se retrouve dans une impasse.

Immédiatement après l'annonce de Mahmoud Abbas, la Maison-Blanche a salué dans le dirigeant palestinien un « vrai partenaire » des États-Unis, mais s'est gardée de se prononcer sur les conséquences qu'aura sa décision de ne pas se représenter à la tête de l'Autorité palestinienne.

L'OLP soutient toujours Abbas

Auparavant, Yasser Abed Rabbo, un des dirigeants de l'OLP, a indiqué que l'organisation a rejeté cette demande à l'unanimité et lui a demandé de revenir sur sa décision.

Les dirigeants de l'OLP ont fait savoir qu'ils soutenaient toujours M. Abbas comme leur candidat à la présidentielle du 24 janvier, a ajouté M. Abed Rabbo.

De son côté, Saeb Erekat, chef des négociateurs palestiniens, a déclaré que M. Abbas était « probablement arrivé à un moment de vérité », 16 ans après la signature des accords d'Oslo qui prévoyaient la solution des deux États (Israël et Palestine).

« Le président Abbas a dit plus d'une fois qu'il ne [voulait] pas être un candidat [à la présidentielle] en raison de son sentiment de grande frustration devant la position américaine sur le processus de paix », a expliqué Nabil Shaath, un dirigeant du Fatah, le parti de M. Abbas.

« Les Américains ont abandonné leurs obligations », a déploré jeudi Nabil Shaath, soulignant que les Palestiniens avaient de leur côté respecté tous les engagements envers la communauté internationale depuis l'adoption de la Feuille de route en 2003.

La Feuille de route, adoptée par le Quartette pour le Proche-Orient (Union européenne, États-Unis, Russie et ONU), prône notamment la coexistence au Proche-Orient de deux États, Israël et la Palestine, la fin des violences et l'arrêt de la colonisation juive.

Mahmoud Abbas avait prévenu le mois dernier le président américain Barack Obama qu'il envisagerait de se retirer si Washington n'obtenait pas d'Israël un gel de la colonisation juive à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, avait-on appris dans son encourage le 27 octobre.

M. Abbas a été élu triomphalement à la présidence palestinienne en janvier 2005, quelques semaines après la mort de Yasser Arafat.

Lire aussi sur cette question: Washington recule sur la question des colonies israéliennes

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