Radio-Canada

Logements sociaux : Waterloo interdira la cigarette à la maison

jeudi 5 nov, 19 h 57

ONTARIO (RC) - La Ville de Waterloo interdira aux nouveaux locataires des logements sociaux de fumer dans leur propre appartement.

Dès le 1er avril 2010, tous les nouveaux locataires devront s'engager à ne pas fumer dans leur appartement. Ceux qui fumeront à l'extérieur ne pourront fumer à moins de cinq mètres d'une porte ou d'une fenêtre.

Une clause en ce sens sera ajoutée dans les baux des 2500 logements abordables qui appartiennent à la municipalité régionale de Waterloo.

Certains y voient une discrimination à l'égard des fumeurs pauvres, mais d'autres affirment au contraire qu'il faut protéger la santé des plus démunis.

Ann Moniz, une locataire d'un logement social de Waterloo, a milité pour l'adoption du règlement municipal. Elle explique que la fumée de cigarette de ses voisins l'incommode jusque dans sa chambre à coucher. « Mes crises d'asthme se déclenchent en plein milieu de la nuit, parfois je n'arrive plus à respirer et je dois me rendre à l'hôpital », dit-elle.

Mais l'initiative déplaît fortement à un de ses voisins, Erwin Rouch. « En Ontario, on n'a pas le droit de fumer au restaurant, dans les bars ou dans les voitures quand des enfants sont à bord. Mais là, dans ma propre maison! » s'exclame-t-il.

M. Rouch croit que plusieurs fumeurs se battront pour pouvoir fumer chez eux. « Les fumeurs aussi ont des droits », plaide-t-il.

Discrimination?

Pour l'avocat spécialisé dans les causes de libertés individuelles Julius Grey, le règlement de Waterloo est une dérive qui créerait un dangereux précédent. « Est-ce qu'ils vont regarder dans nos cuisines pour être certain que nous donnons toutes les vitamines et les protéines à nos enfants? Je serais horripilé si l'État commençait à nous imposer des comportements à l'intérieur de nos maisons », souligne-t-il.

De son côté, John Fraser, de l'Association de défense des locataires de l'Ontario, craint que les plus vulnérables de la société en pâtissent. Il cite l'exemple des gens qui souffrent de problèmes de santé mentale, qui n'ont souvent pas d'autres choix que de vivre dans un logement social. Il rapporte que les personnes appartenant à ce groupe sont deux fois plus susceptibles de fumer que la population normale.

Mais Marie Saile, de la santé publique de Waterloo, évoque plutôt l'argument de la santé publique pour défendre l'interdiction à venir.

Mme Saile indique que la santé publique de Waterloo offrira l'aide nécessaire aux locataires qui désirent cesser de fumer.

D'autres villes ontariennes pourraient adopter prochainement des règlements antifumées inspirés de celui de Waterloo. Le ministre des Affaires municipales et du Logement de l'Ontario, Jim Watson, salue l'initiative de Waterloo, mais ne compte pas imposer une loi provinciale pour l'ensemble des logements sociaux de la province.

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