vendredi 6 nov, 01 h 42
ATLANTIQUE (RC) - Robert Decker, le seul survivant de l'écrasement d'un hélicoptère au large de Terre-Neuve, le 12 mars dernier, témoigne de cet événement jeudi devant la commission d'enquête publique sur la sécurité du transport en hélicoptère.
Cet hélicoptère transportait des travailleurs de l'industrie pétrolière qui se rendaient aux plates-formes au large de Saint-Jean. L'appareil, le modèle S-92A du fabricant Sikorsky, s'est abîmé en mer à environ 55 kilomètres au sud-est de Saint-Jean. Dix-sept personnes sont décédées lors de l'écrasement. Il s'agit du vol 491 du transporteur Cougar Helicopters.
Robert Decker affirme que l'entraînement qu'il avait reçu en matière de situation d'urgence n'était pas suffisant. Il dit que cet entraînement ne prépare pas assez les travailleurs. Il ajoute que les combinaisons de survie ont toutes la même taille et, dit-il, elles ne sont à la taille de personne. Il a demandé à la commission d'enquête de trouver des moyens d'améliorer la sécurité des travailleurs.
M. Decker dit qu'il avait compris que quelque chose n'allait pas bien lorsque le pilote a signalé un « problème technique majeur » et ordonné aux passagers de revêtir leur combinaison de survie.
Il précise qu'il n'avait jamais eu à revêtir cette combinaison en plein vol auparavant et qu'il n'avait jamais été à bord d'un vol qui avait dû rebrousser chemin. M. Decker dit qu'il n'était pas très inquiet à ce moment.
Après le choc de l'écrasement, M. Decker explique qu'il a réussi à quitter la carcasse de l'hélicoptère et à regagner péniblement la surface. Il dit que cette ascension lui a paru très longue, qu'il voyait que l'eau devenait de plus en plus claire.
Lorsqu'il a atteint la surface, il s'est dit « j'ai survécu à un écrasement d'hélicoptère ». Il était alors en état de choc. Il ajoute qu'il voyait des débris à la surface de l'eau et deux radeaux gonflables.
Le naufragé perdait connaissance
Robert Decker indique qu'il a ensuite vu passer un petit avion à basse altitude. Il dit qu'il pouvait sentir l'odeur des gaz d'échappement.
M. Decker raconte qu'il sentait le froid le gagner et qu'il perdait peu à peu connaissance. Il a alors revêtu les gants et le capuchon attachés à sa combinaison.
Il se souvient qu'une équipe de sauvetage de l'entreprise Cougar Helicopters est arrivée sur les lieux et qu'un sauveteur lui parlait. M. Decker raconte que ce sauveteur lui disait qu'il devait aller chercher une certaine pièce d'équipement.
Le survivant s'est alors agrippé au bras du sauveteur et il lui a dit: « s'il vous plaît, ne me laissez pas ici ». M. Decker affirme que c'est la dernière chose dont il se souvient.
Une mer glaciale et agitée
Robert Decker a été hissé à bord de l'hélicoptère des sauveteurs. Il était à ce moment ballotté par des vagues glaciales de trois mètres.
Les sauveteurs l'ont transporté d'urgence à l'hôpital de Saint-Jean, où il est resté pendant plus de trois semaines. M. Decker souffrait de blessures sérieuses.
Robert Decker, 28 ans, travaillait à titre d'observateur des conditions météorologiques et du mouvement des glaces pour le compte de l'industrie pétrolière. Il travaillait sur toutes les installations pétrolières situées à des centaines de kilomètres au large de Saint-Jean.
Une seule autre naufragée, Alison Maher, 26 ans, est remontée à la surface, mais elle n'a pas survécu. Les 16 autres compagnons de voyage de M. Decker ont été entraînés au fond de l'océan, à 178 mètres de profondeur, par la carcasse de l'hélicoptère.
Les équipes du Bureau de la sécurité des transports (BST) ont récupéré les corps dans les jours suivants à l'aide d'un appareil sous-marin téléguidé. Les restes de l'hélicoptère ont aussi été repêchés.
Le BST enquête sur les circonstances de cet accident pour éviter qu'il se reproduise. Lors de son témoignage devant la commission d'enquête publique en octobre, Wendy Tadros, représentante du BST, a dit que cette enquête allait encore durer des mois.
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