vendredi 6 nov, 00 h 29
Radio-Canada a appris que des employés de GlaxoSmithKline et leurs proches se font vacciner sur le site même de l'entreprise, à Québec. La compagnie pharmaceutique est l'unique fournisseur de vaccins contre la grippe A (H1N1) au pays.
Pour réussir à produire tous les vaccins à l'intérieur des délais prescrits, l'usine de GlaxoSmithKline de Québec tourne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est dans ce contexte que Radio-Canada a cherché à savoir si les installations de l'entreprise étaient sécuritaires.
L'entrée de l'usine est contrôlée depuis deux ans, a assuré la responsable de la sécurité. En outre, des protocoles rigoureux ont été établis afin d'assurer la continuité des opérations et d'éviter que les approvisionnements en vaccins pour la population ne soient compromis.
Une fois sur place, une équipe de Radio-Canada a pu observer que des travailleurs font entrer sur le site de l'usine, à l'aide de leur carte d'employé, des membres de leur famille pour qu'ils puissent avoir accès à la clinique de vaccination de l'établissement.
Interrogé à sortie de l'usine en compagnie de sa soeur, Patrick Cayouette, mécanicien industriel, a expliqué qu'il s'agissait d'un privilège accordé aux employés de l'entreprise et aux membres de leur famille immédiate. « Oui, c'est un privilège qu'on a un peu pour les familles. Parce que, nous, on les côtoie tous les jours », a-t-il expliqué.
Pourtant, les autorités de la Santé publique du Québec ont transmis un message sans équivoque. « ... la notion de passe-droits. Est-ce qu'il y en a eu? Probablement. Mais il n'y en a pas eu d'autorisés au niveau du ministère de la Santé », a déclaré le Dr Alain Poirier, directeur national de la Santé publique du Québec.
« Généralement, on vaccine les travailleurs. Et on recommande de ne pas vacciner la famille et d'y aller selon les groupes prioritaires », a indiqué de son côté le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc.
Pourtant, mercredi soir dernier, le président de GlaxoSmithKline se faisait un devoir d'attendre son tour. « Je ne fais pas partie des groupes prioritaires », avait fait valoir Paul N. Lucas.
Dans un premier temps, Santé Canada a affirmé que l'entente incluait seulement les employés et les distributeurs de vaccins. Mais le ministère s'est ravisé et a expliqué que l'accord incluait non seulement les travailleurs de GlaxoSmithKline, mais également les membres de leur famille immédiate.
Il a été impossible de savoir combien de doses de vaccin étaient prévues pour cette opération. Le bureau de la ministre fédérale de la Santé a précisé qu'il s'agissait de vaccins de la réserve provinciale.
D'après un reportage de Cathy Senay
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