mercredi 4 nov, 10 h 40
SPORTS MOTORISÉS (RC) - La rumeur circulait déjà et sa confirmation tombe plus tôt que prévu.
Toyota a annoncé son retrait de la F1, mardi, une décision qui prend effet immédiatement.
L'écurie japonaise confirme ainsi une information ébruitée la veille par les médias nationaux. Les conditions économiques difficiles sont les premières responsables de sa décision.
« C'était une décision difficile, mais en fin de compte, inévitable, a déclaré Akio Toyoda, président du groupe. Depuis l'an dernier et la détérioration du climat économique, nous avons été confrontés à la décision de continuer ou non en F1. »
L'an dernier, l'équipe a pris le 5e rang du classement des constructeurs et avait obtenu 13 podiums depuis ses débuts en 2002, sans toutefois signer de victoire.
Les deuxièmes places de Jarno Trulli aux Grand Prix de Malaisie et de Bahrein en 2005 demeurent ses meilleurs résultats. Les performances en piste n'ont cependant rien à voir avec son départ.
« Notre décision aurait été la même advenant une victoire, a ajouté Toyoda. Il est cependant regrettable que nous n'ayons pu donner à nos pilotes la chance d'être compétitifs. »
La compression des dépenses de l'entreprise, entamée il y a déjà plusieurs mois, a conduit à l'inévitable, après la réduction de ses effectifs temporaires et le ralentissement de la production en usine.
« Arrêter les activités coûteuses qui ne sont pas dans le coeur de métier est une tendance lourde dans le secteur », a analysé Mamoru Kato, un spécialiste de l'industrie automobile au centre de recherche Tokai Tokyo.
Pour la première fois de son histoire, le premier constructeur mondial n'a pu engranger de profits pour l'exercice budgétaire 2008-2009. Il ne prévoit pas non plus retrouver la profitabilité d'ici la fin de l'année.
Une tendance japonaise
Le retrait de Toyota ne laisse plus que trois constructeurs (Ferrari, Renault et Mercedes) et s'inscrit dans une série de défections japonaises.
Plus tôt cette année, Honda a vendu son écurie à Ross Brawn, tandis que le fabricant de pneus Bridgestone vient tout juste de renoncer à la reconduction de son contrat après 2010.
Toyota s'était déjà elle-même exclue de l'organisation du Grand Prix du Japon au mont Fuji à partir de 2010, également pour des raisons budgétaires.
La vague dépasse aussi le cadre de la F1. Subaru et Suzuki ont fait une croix sur le championnat mondial des rallyes, tandis que Kawasaki a dissout son écurie de MotoGP.
Toyota était liée avec les instances de la F1 jusqu'en 2012, si bien que son retrait pourrait avoir des conséquences légales. Le vide qu'elle laisse pourrait par ailleurs être comblé par une autre équipe, dont BMW Sauber, dont les nouveaux propriétaires suisses sont d'ardents partisans d'un retour en piste.
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