vendredi 4 sep, 23 h 58
Les ministres des Finances des pays du G20 se réunissent vendredi et samedi à Londres. Et le programme est vaste: primes des banquiers et l'état des plans de relance contre la crise.
Du côté des primes aux banquiers, la ministre française Christine Lagarde a donné le ton en décrétant dès son arrivée un « haro sur les bonus ». Leur montant « horrifie l'opinion publique », a-t-elle ajouté.
Du même souffle, elle a noté que « ce n'était pas gagné » avec les États-Unis et le Royaume-Uni.
Brown, Merkel et Sarkozy font front commun
Le président Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre britannique Gordon Brown se sont fendus d'une lettre commune appelant à des « règles obligatoires » en matière de rémunération pour les plus grandes banques.
Dans la foulée, sept ministres européens des Finances, dont la France et l'Allemagne, mais pas le Royaume-Uni, ont appelé leurs collègues du G20 à se « joindre à eux » pour « mettre un terme à la culture du bonus », vendredi.
La présidence suédoise de l'Union européenne a annoncé la tenue d'une réunion extraordinaire des dirigeants européens, notamment autour des bonus, le 17 septembre.
Londres, plus importante place financière européenne, fait preuve d'une attitude ambiguë dans ce débat. Si le premier ministre s'est prononcé en faveur de leur limitation, le ministre des Finances, Alistair Darling, a estimé que les banques n'auraient qu'à augmenter les salaires de base pour contourner la règle.
Ottawa s'est aussi montré critique face à la proposition française.
Washington se concentre sur un renforcement du capital
Les États-Unis préconisent plutôt un renforcement du capital des banques, « manière la plus efficace d'empêcher le monde de revivre les évènements de l'automne dernier », estime le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner.
Les ministres des Finances se pencheront aussi sur la pertinence d'une nouvelle série de normes comptables et se demanderont s'il faut revenir sur les accords de Bâle II qui réglementent les niveaux de fonds propres.
Prudence sur la sortie de crise
La fin des plans de relance, qui se comptent en milliers de milliards de dollars, sera aussi sur la table.
Le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions sur l'économie mondiale, soulignant qu'elle devrait renouer avec la croissance l'année prochaine.
Les dirigeants politiques se gardent bien de crier victoire, d'autant que la plupart des économies développées se contracteront en 2009 et que la croissance dont elles bénéficieront en 2010 sera molle.
Mme Lagarde a estimé que « le temps n'est pas venu », et espéré que le G20 serait « aussi bon dans la coordination d'une réduction lente et graduelle des stimulus » qu'il l'a été « dans la coordination des stimulus, des politiques budgétaires et monétaires » dans cette crise.
Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a assuré que la BCE a déjà « une stratégie de sortie » prête, mais jugé « prématuré » de proclamer la fin de la crise.
Les grands pays émergents, Brésil, Russie, Inde et Chine (dits « BRIC »), qui espèrent décrocher à Londres une meilleure représentation au sein des organisations internationales comme le FMI, ont estimé aussi qu'il était « trop tôt » pour parler d'une fin de la crise, « malgré des signes positifs ».
La réunion de Londres doit préparer le terrain pour le sommet de Pittsburgh qui réunira les chefs d'État et de gouvernement du G20, les 24 et 25 septembre prochains.
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