mardi 4 jui, 08 h 48
par James Eve
ROME (Reuters) - Le représentant de la Fédération italienne de football a réclamé la relégation de la Juventus Turin, du Milan AC, de la Lazio Rome et de la Fiorentina en raison de l'implication présumée de ces quatre clubs majeurs du football italien dans le scandale des matches arrangés.
Lors du procès sportif, organisé dans l'enceinte du Stade olympique de Rome, le procureur Stefano Palazzi a aussi réclamé le retrait des deux titres de champion d'Italie remportés par la Juventus Turin en 2005 et 2006.
La "Vieille Dame" est la plus lourdement visée par l'accusation, qui demande à ce que le club aux 29 titres nationaux soit relégué en Série C1, la troisième division, voire dans une division inférieure.
Le Milan AC, la Fiorentina et la Lazio pourraient de leur côté descendre en Série B, la deuxième division.
Ces sanctions auraient des répercussions majeures sur le finances des clubs, dans l'incapacité de conserver leurs effectifs actuels.
Dans les heures suivant les réquisitoires, la Juventus annonçait la démission de son entraîneur, Fabio Capello. A la mi-journée, l'action du club coté à la Bourse de Milan dévissait de 13,63% à 1,16 euro.
Treize joueurs des clubs concernés, dont cinq de la Juve, figurent dans la sélection italienne qui affrontera l'Allemagne en demi-finale de la Coupe du monde dans la soirée à Dortmund. Difficile de savoir si le réquisitoire aura des répercussions sur leur prestation.
BERLUSCONI DÉNONCE UN RÉQUISITOIRE ABSURDE
Outre ces quatre clubs, le procès sportif vise 26 personnes - cadres dirigeants, permanents de la Fédération, arbitres ou juges de touche.
Parmi les premiers à prendre la parole, mardi, Antonio Giraudo, ancien dirigeant de la Juventus, a dressé un portrait peu reluisant du football. "Toutes sortes de choses ont cours dans le football: on offre des Rolex à des arbitres, on manipule les comptes, on s'accorde des garanties bancaires. Ce que je dis, c'est qu'il s'agit d'un environnement dans lequel vous devez vous protéger", a-t-il expliqué.
Stefano Palazzi a requis contre Giraudo une peine de cinq ans d'interdiction d'activité dans le sport-roi assortie d'une amende de 5.000 euros pour chaque fraude sportive établie.
Il a demandé les mêmes peines contre Luciano Moggi, ancien directeur général de la Juve, contre les frères Diego et Andrea Della Valle, propriétaire et président de la Fiorentina, et contre Claudio Lotito, président de la Lazio.
Il a aussi réclamé cinq ans d'interdiction d'activité à l'encontre de Leonardo Meani, responsable au Milan AC des relations avec le corps arbitral, et deux ans d'interdiction à l'encontre d'Adriano Galliani, vice-président du club lombard.
Dans un communiqué, Silvio Berlusconi, qui possède le Milan AC, a dénoncé un "réquisitoire absurde et hors norme" dans lequel, écrit-il, il lui "est difficile de ne pas voir un mobile et une volonté politiques absolument inacceptables dans le milieu du sport".
Le procès sportif s'était ouvert jeudi dernier mais avait été rapidement ajourné. Les audiences ont repris lundi.
Le tribunal espère rendre son verdict le 10 juillet, soit le lendemain de la finale de la Coupe du monde.
Son jugement sera susceptible d'appel, mais la procédure doit être bouclée au plus tard le 27 juillet, date limite fixée par l'UEFA pour l'inscription des équipes en Ligue des champions et en Coupe de l'UEFA.
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