mardi 4 jui, 07 h 42
par Brian Homewood
MARIENFELD, Allemagne (Reuters) - Des cartons rouges, des accusations de jeu violent, de la finesse tactique, des victoires aux tirs au but... Le parcours du Portugal jusqu'en demi-finale du Mondial ressemble à bien des égards aux exploits réalisés par les précédentes équipes de son stratège brésilien, Luiz Felipe Scolari.
Les Portugais affronteront la France mercredi en demi-finale de Coupe du monde, un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis 1966.
Ils le doivent en partie à Scolari, qui a acquis sa notoriété au Brésil grâce aux succès de ses équipes en Copa Libertadores, l'équivalent sud-américain de la Ligue des Champions européenne.
Scolari a amené deux clubs brésiliens au titre continental, le Gremio Porto Alegre en 1995 puis Palmeiras en 1999.
Sous ses ordres, les joueurs du Gremio étaient réputés pour leur jeu musclé, voire violent. Des adversaires défaits les ont une fois accusés d'avoir encouragé la police anti-émeutes à les tabasser alors qu'une bagarre avait éclaté sur le terrain.
Scolari était aussi soupçonné de donner des instructions aux ramasseurs de balles, afin qu'ils jettent un second ballon sur la pelouse pour annihiler les attaques adverses.
Mais ce qui est incontestable, c'est que Scolari inculquait à ses joueurs confiance et détermination.
D'ailleurs, aucun de ceux qu'il a eus sous ses ordres à cette époque, à l'exception de Mario Jardel, n'a plus obtenu de résultats significatifs sans Scolari.
Avec Palmeiras, "Big Phil" avait certes des footballeurs plus doués techniquement mais leur parcours victorieux en Copa Libertadores fut tout autant mouvementé.
Il leur a fallu les tirs au but pour venir à bout de leur éternel rival, les Corinthians, en quarts mais également en finale face au club colombien du Deportivo Cali.
TIGRE EN CAGE
En prenant en main l'équipe du Brésil puis le Portugal, Scolari a paru assagi, sans rien perdre de son goût pour la victoire.
Sous ses ordres, le Brésil a remporté un cinquième titre mondial en 2002 et le Portugal a atteint la finale de l'Euro2004.
Mais aujourd'hui encore, il demeure une personnalité à part sur son banc de touche, fulminant à la moindre erreur de ses joueurs et faisant les cent pas comme un tigre en cage dans la zone réservée à l'encadrement technique des équipes.
La campagne 2006 du Portugal porte encore sa marque, à l'image du match contre les Néerlandais qui recelait les ingrédients d'une victoire "à la Scolari".
Quatre cartons rouges distribués, six minutes d'arrêts de jeu, une ambiance détestable et des accusations réciproques d'anti-jeu.
Un incident de jeu, en particulier, a montré que le Brésilien conservait quelques tours dans son sac: pour gagner du temps, il a d'abord indiqué au quatrième arbitre qu'il voulait faire sortir Figo, avant de se raviser une fois que le joueur avait atteint la ligne de touche.
Quelques minutes plus tard, l'Intériste était tout de même remplacé.
Ce succès face aux Néerlandais a précédé celui face aux Anglais, obtenu aux tirs au but dans une atmosphère délétère.
Ses hommes sont accusés d'avoir encouragé l'arbitre à expulser Wayne Rooney, qui avait auparavant piétiné les parties génitales de Ricardo Carvalho.
Mais Scolari n'en a cure et il se félicite d'avoir transformé ses footballeurs en guerriers.
"Cette équipe a un esprit guerrier", a-t-il déclaré, avec un sens de la formule guère apprécié par les médias portugais, qui lui reprochent d'avoir utilisé une expression brésilienne signifiant "tuer ou être tué" pour évoquer la phase à élimination directe.
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