mercredi 4 jui, 19 h 56
MONTRÉAL (RC) - Éclaboussée par le rapport du vérificateur général du Québec Renaud Lachance, la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, se défend d'avoir péché par laxisme dans le dossier du fiasco immobilier de l'UQAM.
Mme Courchesne soutient que son ministère ne disposait pas de l'information pertinente pour détecter le dérapage du projet immobilier de l'UQAM.
« Il n'y avait aucun signe, aucune fumée, dans la mesure où il n'y avait pas de demande officielle de faite au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, dans la mesure où le recteur et son équipe ne nous disaient pas quelles étaient les étapes de réalisation, quelles étaient les étapes d'évolution de ce projet », a déclaré la ministre Courchesne.
Le vérificateur général du Québec est toutefois d'un tout autre avis. Le gouvernement doit assumer sa part de blâme pour le fiasco de l'aventure immobilière de l'UQAM, selon M. Lachance qui a déposé son rapport sur la gestion des projets immobiliers de l'UQAM à l'Assemblée nationale mercredi.
Il maintient qu'il y avait des signaux indiquant que les deux projets immobiliers de l'UQAM s'en allaient à la dérive et que le ministère de l'Éducation aurait dû les détecter. Le vérificateur avance que l'argent dépensé par les universités est celui des contribuables et que le ministère avait le devoir de mieux encadrer l'institution.
L'ancien recteur tenu responsable
Si le vérificateur blâme le ministère de l'Éducation, il tient l'ancien recteur Roch Denis comme principal responsable du fiasco.
M. Lachance reproche à M. Denis ainsi qu'au vice-recteur et au directeur des investissements de ne pas s'être préoccupés de l'impact de ces projets sur la situation financière de leur université. Les trois gestionnaires « ont manqué de transparence » en plus d'adopter une attitude « irrespectueuse » à l'égard du conseil d'administration de l'UQAM, des instances de l'Université du Québec et du ministère de l'Éducation, écrit le vérificateur dans son rapport de 128 pages.
« Ils n'avaient pas la compétence pour des projets d'une telle ampleur », a déclaré M. Lachance au sujet du recteur et de son équipe. « Sinon pourquoi n'a-t-on pas évalué les impacts financiers sur la situation financière de l'UQAM? »
Le gouvernement a transmis le rapport du vérificateur général au directeur des poursuites pénales et criminelles afin de savoir s'il y a matière à intenter des poursuites criminelles contre certains acteurs impliqués dans le dossier.
Toujours inachevés, les projets immobiliers ont été repris par le gouvernement qui les terminera et tentera de les rentabiliser.
Une aventure de 800 millions
Les projets immobiliers du Complexe des sciences et de l'îlot Voyageur ont plongé l'UQAM dans un gouffre financier de près de 500 millions de dollars, indique le rapport du vérificateur.
La dette de l'UQAM pourrait atteindre 500 millions de dollars en 2012 et l'aventure aura coûté 800 millions de dollars au terme du remboursement de la dette dans 30 ans.
Fondée en 1969, l'UQAM a entrepris des projets de construction immobilière en 2003. La construction du complexe des Sciences et de l'Îlot Voyageur a entraîné l'Université dans un gouffre financier. Des dépassements de coûts - respectivement de 100 et 200 millions de dollars - et des prévisions de revenus trop optimistes ont provoqué la descente aux enfers de l'institution.
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