Reuters

Mondial: la presse anglaise se paie Eriksson

lundi 3 jui, 10 h 34

par Alan Baldwin

LONDRES (Reuters) - La presse anglaise a couvert d'injures Sven-Göran Eriksson après le nouvel échec de l'Angleterre à la Coupe du monde de football.

"Fiasco suédois", "Escroc doré"... L'entraîneur suédois paie à la fois le prix de la défaite anglaise en quarts de finale face au Portugal, mais aussi, semble-t-il, son statut de premier étranger à la tête de l'Angleterre et de sélectionneur le mieux rémunéré du monde.

"Adieu le gâcheur", titre le Sun qui se félicite également de "la fin d'une erreur". "Il a gâché notre argent, il a gâché notre talent (...) il a gâché nos rêves de Coupe du monde."

Depuis qu'il a pris en main les rênes de l'Angleterre, Eriksson a toujours dû affronter les foudres des tabloïds, mais la défaite concédée samedi face au Portugal l'a définitivement inscrit au panthéon des ennemis de la presse anglaise.

Celle-ci en a fait depuis longtemps une cible de choix, avec ses liaisons extra-conjugales ou encore le piège tendu une fois par un journaliste déguisé en prince arabe lui présentant une offre mirobolante.

"Il a banqué, il a baisé et il a tout bousillé", résume crûment le Mirror.

"Incapable de sublimer ni de galvaniser les bons joueurs, Eriksson ne nous manquera pas," écrit Henry Winter dans le Daily Telegraph.

CAPITAINE NARCISSIQUE

"Le règne d'Eriksson ne mérite pas la brutalité du procès qui lui est fait, mais il est vrai qu'il restera à jamais estampillé 'médiocre'", ajoute Matt Dickinson dans le Times.

Mais à l'heure des comptes, les journaux anglais pointent surtout l'addition plutôt salée présentée par le Suédois pendant les cinq ans et demi passés à la tête de l'équipe nationale. Le Sun évalue sa rétribution à 3,5 millions de livres sterling par victoire importante (environ cinq millions d'euros).

"Sven-Göran Eriksson a été payé 25 millions de livres (36 millions d'euros) pour saccager un rêve," enrage Paul Hayward, dans le Daily Mail.

Quelques pages plus loin, Jeff Powell - qui avait accueilli la nomination du Scandinave en écrivant "Nous avons cédé une partie de notre patrimoine à une nation de sept millions de skieurs et de lanceurs de marteau qui passent la moitié de leur vie dans l'obscurité" - a de nouveau trempé sa plume dans l'acide pour vilipender... Beckham.

"L"équipe la plus honteusement préparée de l'histoire de l'Angleterre en Coupe du monde (...) était emmenée par un narcissique si obsédé par sa personne que lorsque l'inévitable humiliation est arrivée, il a pleuré sur son sort, pas sur celui de son pays."

David Beckham, le leader de la "génération dorée", a décidé de renoncer au capitanat dimanche après presque six ans à ce poste.

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