Tour de France: George Hincapie s'empare du maillot jaune

dimanche 2 jui, 13 h 43

par Gilles Le Roc'h

STRASBOURG (Reuters) - Terriblement déçu d'avoir perdu le prologue pour moins d'une seconde, le New Yorkais George Hincapie s'est vite ressaisi.

Il s'est emparé du maillot jaune grâce à son opportunisme, avec de la chance aussi. Il s'agit pour lui d'une première étape dans un Tour de France qu'il veut gagner.

Le maillot jaune qu'il avait déjà failli revêtir en 1998, est un clin d'oeil adressé à son ami Lance Armstrong.

S'il était tellement déçu samedi de ne pas avoir gagné, c'est parce qu'il s'était promis d'être le premier à porter le maillot jaune abandonné par son ancien leader sur les Champs-Elysées il y a un an.

"Oui, j'étais vraiment triste samedi parce que je m'étais mis en tête de prendre ce maillot. Aujourd'hui le rêve se réalise. Avec l'aide de la chance", a-t-il dit.

En regardant le parcours de la première étape, dimanche matin, Hincapie avait envisagé de prendre des secondes de bonification au cours de l'un ou l'autre sprint intermédiaire mais il a dû se raviser en cours de route.

"Avec une échappée partie dès le deuxième kilomètre, je me suis dit que c'était foutu. Le peloton a mis du temps à réagir mais ma chance a été ce dernier sprint intermédiaire à neuf kilomètres de l'arrivée", a expliqué l'ancien lieutenant d'Armstrong.

"Il n'y avait plus qu'un homme en tête et j'en ai profité pour attaquer."

Thor Hushovd a manqué de vigilance en laissant l'Américain libre de tout marquage et ce petit moment d'inattention a servi les intérêts d'Hincapie.

ASCENDANT

Sert-il ses intérêts à long terme ? S'il rêve sérieusement de gagner le Tour de France, doit-il vraiment se battre ces prochains jours pour conserver son maillot jaune ?

"Porter le maillot jaune au moins une journée, c'est déjà formidable", a-t-il dit.

"Pour moi, ça ne change rien, il y a toujours quatre leaders dans l'équipe (Yaroslav Popovych, Jose Azevedo, Paolo Savoldelli et lui-même).

"Je suis en grande forme, j'aimerais le garder longtemps mais ce ne sera pas évident parce que je n'ai pas beaucoup d'avance sur les sprinteurs et moi dans les sprints je n'ai aucune chance", a-t-il ajouté.

"Je me suis beaucoup entraîné pour être fort dans les étapes contre la montre et dans la montagne. Alors, on ne sait jamais, mais avec un peu de chance, je peux porter ce maillot jaune un jour ou deux."

Sur l'échiquier Discovery Channel, Hincapie sait bien qu'il vient de prendre un ascendant sur ses équipiers. L'ascendant psychologique, dans une équipe, est toujours déterminant.

"Mais le terme 'leader', en soi, n'a pas d'importance. C'est juste un mot. Je sais avec quelle ambition je dispute ce Tour de France", a dit Hincapie.

"Je suis aujourd'hui l'un des meilleurs coureurs du monde, dans les classiques et dans les courses par étapes, et je sais aussi que l'équipe est derrière moi.

"Si dans les Pyrénées, je suis en meilleure position que les autres, tout le monde m'aidera. Je ne suis pas là pour remplacer Lance, il est irremplaçable, mais pour défendre ma chance à fond."