samedi 1 jui, 12 h 06
par Gilles Le Roc'h
STRASBOURG (Reuters) - Le Norvégien Thor Hushovd a créé la surprise dans le prologue du Tour de France, se montrant le plus rapide sur les 7,1 kilomètres tracés dans les rues de Strasbourg.
Pour s'emparer du premier maillot jaune de l'ère post-Lance Armstrong, le coureur du Crédit Agricole a devancé de moins d'une seconde le New-Yorkais George Hincapie (Discovery Channel) et de quatre secondes un autre Américain, David Zabriskie (CSC), vainqueur du premier contre la montre du Tour 2005.
Jan Ullrich aurait pu battre tout ce petit monde mais, comme douze autres coureurs, dont Ivan Basso, il n'était pas au départ, au lendemain du coup de balai des organisateurs qui ont renvoyé à leurs consciences les coureurs impliqués dans le scandale de dopage en Espagne.
La distance, plutôt longue pour un prologue, ne semblait pas devoir avantager un sprinteur comme Hushovd même si depuis le début de sa carrière en 2000, il a conquis le championnat de Norvège du contre la montre à trois reprises et gagné les prologues des Tours de l'Ain (2000), de Normandie et de Suède
(2001).
Mais le Tour, c'est quand même autre chose.
Comment Hushovd, certes très bon coureur, a-t-il été capable de dominer les vrais rouleurs, ceux qui avaient fait de ce prologue leur objectif majeur de l'année ?
Lui même peinait à trouver la réponse: "Je savais que je pouvais faire de bons prologues depuis ma cinquième place dans celui du Tour de France 2004 à Liège. J'ai progressé dans tous les domaines, j'ai de plus en plus confiance en moi, mais de là à gagner... Je ne pensais pas que c'était possible."
HINCAPIE PEUT ETRE FRUSTRE
Cette victoire traduit l'implacable montée en puissance de ce Norvégien de 28 ans, sérieux, combatif et dont le palmarès présente, cette année, cinq victoires dans des courses du Pro-Tour, notamment Gand-Wevelgem et une étape du Critérium du Dauphiné-Libéré.
Voilà qui situe le niveau du Norvégien dans les courses de très haut niveau. Son premier maillot jaune, porté en 2004, annonçait seulement la couleur: il fait partie aujourd'hui des meilleurs coureurs du monde.
Son mérite dans les rues de Strasbourg est d'avoir fait jeu égal avec les meilleurs rouleurs du peloton dans les portions droites et sans doute a-t-il construit sa victoire dans les trajectoires, dans les virages qu'il faut toujours essayer de prendre sans freiner.
Cet exercice s'apparente à un numéro de funambule et les sprinteurs, toujours soucieux d'attaquer la dernière ligne droite à pleine vitesse, sont habitués à prendre tous les risques.
Hushovd a foncé sans réfléchir dans les dix virages de ce tracé inaugural et son audace a fini par payer.
La victoire fut aussi belle que juste puisque Hincapie n'a même pas concédé une seconde.
LEIPHEIMER COLLE A LA ROUTE
L'Américain, postulant à la victoire dans le Tour de France, rêvait de saluer son ami Lance Armstrong en s'emparant du maillot jaune laissé vacant sur les Champs-Elysées en juillet dernier.
Secrètement, son compatriote David Zabriskie rêvait de cette victoire. Notamment pour confirmer son nouveau statut de meilleur rouleur du monde, un an après son succès dans la première étape du Tour 2005, entretenu par ses démonstrations de force dans le récent Critérium du Dauphiné-Libéré.
Zabriskie et toute son équipe rêvaient aussi de ce succès pour le dédier à Ivan Basso.
Si le prologue ne permet pas de dégager une véritable hiérarchie, la performance d'Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne), cinquième à quatre secondes, est à signaler.
Classés dans les dix premiers, Paolo Savoldelli et Floyd Landis sont dans les temps. De même que Cadel Evans et Christophe Moreau, respectivement 14e et 15e.
Pour d'autres, il y a lieu de se poser des questions, notamment Levi Leipheimer (Gerolsteiner) qui a donné l'impression d'être collé à la route (36e).
Denis Menchov (Rabobank), le dernier vainqueur du Tour d'Espagne, a fini 56e et Damiano Cunego 126e.
"Le Tour de France est long", a rappelé l'ancien vainqueur du Giro.
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