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Mondial: l'Italie croit au mental, pas aux statistiques

samedi 1 jui, 06 h 07

par Simon Evans

HAMBOURG (Reuters) - En cinq matches, l'Italie a marqué neuf buts et en a encaissé un -contre son camp- pour atteindre les demi-finales de la Coupe du monde. Mais Marcello Lippi est plus intéressé par le mental de son équipe que par les statistiques.

Les chiffres peuvent pourtant être éloquents. Avec sa nouvelle victoire vendredi 3-0 face à l'Ukraine, la Squadra est désormais invaincue depuis 23 matches. Elle n'a plus perdu depuis octobre 2004, et le 1-0 concédé en Slovénie.

Lippi a fait jouer tous ses joueurs de champ depuis le début de la Coupe du monde. Ils sont huit à avoir marqué.

Notons par ailleurs que si les Italiens battaient les Allemands mardi à Dortmund, ils donneraient raison à cette étrange tendance qui veut que l'Italie atteint tous les 12 ans depuis 1970 la finale de la Coupe du monde.

Lippi, pourtant, boude les chiffres.

"Je suis extrêmement fier parce que l'équipe a un mental incroyable. Ils se sont très bien adaptés aux blessures et aux modifications tactiques", a jugé l'ancien libéro aux cheveux blancs.

"C'est un super groupe et tout est possible désormais", a dit le sélectionneur. "Il nous faudra y mettre tout notre coeur. Jusque-là, ça a marché".

APRES LA FRANCE ET LA COREE DU SUD

Les statistiques donneraient encore les Italiens favoris de la demi-finale puisqu'ils ont infligé un cinglant 4-1 en amical aux Allemands à Florence en mars.

Mais des quatre demi-finalistes, les protégés de Marcello Lippi sont clairement ceux qui ont eu le parcours le plus facile pour atteindre le dernier carré. Et on les a vus plusieurs fois à la peine face à des équipes modestes.

L'Italie a été brillante lors de son premier match du groupe E, remporté 2-0 face à une solide formation ghanéenne. Puis, à dix, elle s'est effondrée face à des Américains réduits à neuf en fin de match (1-1). Enfin, elle a éliminé 2-0 des Tchèques privés de leurs attaquants.

En huitième de finale, les Azzurris ont été privés de leur défenseur central Marco Materazzi -titulaire à la place d'un Alessandro Nesta blessé- sévèrement expulsé en début de seconde période. Ils l'ont finalement remporté 1-0 grâce à un penalty discutable. Vendredi, la victoire a été nette. Mais les Ukrainiens ont trouvé deux fois le poteau.

Lippi a toujours relativisé le sens de la victoire cet hiver en amical contre l'Allemagne en expliquant que dans un contexte de Coupe du monde, la Squadra n'en mettrait jamais quatre à la Mannschaft. Et les Allemands n'en prendraient jamais quatre face aux Italiens.

Et puis la statistique n'est finalement qu'une girouette précieuse pour les commentateurs.

Les dernières phases finales montrent que les pays organisateurs ne réussissent pas à la Squadra. Elle a été sortie en 1998 en quart par la France, puis en 2002 en huitième par la Corée du Sud.

"C'était un quart et un huitième", note Lippi, comme pour conjurer les déterminismes. "Cette fois, c'est une demi-finale".

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