La Presse Canadienne

Le financement de la lutte contre le réchauffement climatique au coeur du sommet européen

mercredi 28 oct, 14 h 40

Par Verena Von Derschau, The Associated Press

PARIS - Nicolas Sarkozy se rend jeudi et vendredi à Bruxelles pour un conseil européen consacré notamment à l'épineuse question du financement de la lutte contre le réchauffement climatique. Les réticences du président tchèque sur le traité de Lisbonne occuperont aussi les Vingt-Sept tandis que les tractations autour de la présidence stable de l'UE et la succession de Javier Solana à la tête de la diplomatie européenne devraient agiter les coulisses.

Trouver un mode de financement pour les décisions qui seront arrêtées en décembre lors de la conférence de Copenhague sur l'après-Kyoto constituera "le volet le plus délicat", a-t-on reconnu mercredi à l'Elysée. La semaine dernière, les ministres des Finances de l'Union européenne s'étaient séparés sur un profond désaccord, les nouveaux pays membres emmenés par la Pologne exigeant une répartition au prorata des émissions actuelles et passées, accusant les pays plus anciens d'avoir beaucoup plus pollué par le passé.

"La commission a fait ses calculs et a évalué à 100 milliards d'euros par an la mise en oeuvre de Copenhague d'ici 2020", selon la présidence française. La commission européenne a suggéré que l'Europe en paie 15 milliards, tandis que les associations écologiques militent pour une prise en charge de 35 milliards par les membres de l'UE.

Le président en exercice de l'Union, le Suédois Fredrik Reinfeldt, a prévenu ses partenaires que l'Europe jouait sa crédibilité de leader dans la lutte contre le réchauffement climatique dans ce débat. "C'est crucial, car nous affrontons le risque d'une réelle impasse dans les négociations", a souligné le Premier ministre suédois. "Les économies émergentes cherchent des financements et sans cela elles ne prendront pas les engagements requis sur les réductions d'émissions" de gaz à effet de serre.

L'autre point délicat sera d'amener le président tchèque, Vaclav Klaus, qui ne sera pas personnellement présent, à signer le traité de Lisbonne afin de permettre son entrée en vigueur avant la fin de l'année. Les Européens pourraient être prêt à lui proposer un "opt-out", une dérogation, sur la charte des droits fondamentaux, équivalant à celui accordé à la Grande-Bretagne et la Pologne, selon l'Elysée. "Il s'agit d'une question de confiance", insiste-t-on à la présidence française qui espère obtenir des assurances claires des Tchèques que M. Klaus signera bien le traité si un "opt-out" lui était accordé.

Mercredi, le Premier ministre tchèque Jan Fischer a fait savoir que le président Klaus lui avait promis qu'il ne retarderait pas davantage l'entrée en vigueur du traité s'il obtenait satisfaction sur cette revendication.

Officiellement, le choix du président stable de l'Union européenne prévu dans le traité de Lisbonne ne sera pas abordé, assure-t-on à l'Elysée. "Cela doit être un processus de consultation discret confié à la présidence donc à Fredrik Reinfeldt personnellement", estime-t-on encore à Paris admettant cependant que le sujet pourrait être abordé mercredi soir par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy lors de leurs entretiens à Paris pour déterminer un axe Paris-Berlin.

Par ailleurs, le Premier ministre britannique Gordon Brown a réitéré mercredi son soutien à la candidature non encore déclarée de son prédécesseur, Tony Blair, tandis que les conservateurs britanniques, grands favoris aux élections de 2010, continuent leur travail de sape.

Face aux réticences de certains, dont Nicolas Sarkozy, à confier ce poste emblématique à un pays non-membre de la zone euro et de l'espace Schengen, les noms du Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker et de l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson sont également apparus sur la liste des présidentiables.

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