Radio-Canada

Cuba : Fidel Castro « se porte comme un charme »

mercredi 28 oct, 18 h 42

Depuis que Fidel Castro a confié les rênes du pays à son frère Raul pour des raisons de santé, les rumeurs prétendent régulièrement qu'il se trouve à l'article de la mort. Périodiquement, les autorités cubaines ou encore son allié vénézuélien Hugo Chavez affirment au contraire qu'il va bien.

Cette fois-ci, le diagnostic vient de la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, le Dre Margaret Chan. À l'issue d'une rencontre avec l'ancien président cubain, mardi, elle a affirmé lors d'un point de presse donné à La Havane qu'il « paraissait en pleine forme » et qu'il « se port[ait] « comme un charme ».

Mme Chan, qui était à Cuba pour discuter avec les autorités de la vaccination contre la grippe A (H1N1), a en outre estimé qu'il avait démontré une connaissance « très impressionnante » des questions de santé au cours des deux heures passés en sa compagnie. « Je me suis sentie toute petite, a-t-elle ajouté. Il s'est éloigné à pied de la maison - c'était assez loin - avec beaucoup de vigueur. »

Âgé de 83 ans, « El Comandante » a pris sa retraite politique l'an dernier après avoir subi en 2006 une opération chirurgicale à l'intestin qui l'a tenu éloigné du pouvoir.

Depuis, il n'a fait aucune apparition en public. Les autorités diffusent cependant des vidéos et des photos dans lesquelles il semble relativement en forme. En août dernier, la télévision cubaine a par exemple montré un court film dans lequel on voit Fidel Castro discuter avec une délégation d'étudiants vénézuéliens en droit.

L'ONU condamne (encore) l'embargo américain

Mercredi, l'Assemblée générale des Nations unies a quasi unanimement condamné l'embargo commercial imposé par les États-Unis à Cuba depuis 1962 et renforcé à quelques reprises depuis. Les pays membres ont réclamé sa levée à 187 voix contre 3, deux pays choisissant de s'abstenir.

Sans surprise, l'opposition est venue des États-Unis, de son allié israélien et de Palau, une petite île d'Océanie qui dépend de l'aide économique américaine. Les îles Marshall et la Micronésie se sont pour leur part abstenues.

Plusieurs pays ont pris la parole pour critiquer les efforts de Washington visant à isoler La Havane, dont bien sûr le Venezuela, la Chine et la Russie, mais aussi les membres de l'Union européenne, le Mexique, le Brésil, l'Inde et le Brésil.

Le Mexique a résumé le sentiment général en soutenant que « l'exclusion, loin de résoudre les controverses, les amplifie de manière négative ».

« L'embargo est un acte arrogant et non civilisé », a de son côté déclaré le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez Parrilla. Il a parlé des effets dévastateurs de l'embargo sur la population cubaine, dans des domaines comme l'accès aux médicaments, la technologie ou la culture. « Le président Obama a l'occasion d'instaurer un changement de politique vis-à-vis de Cuba et d'éliminer l'embargo », a-t-il ajouté.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Susan Rice, a pour sa part déploré que Cuba ait conservé « une rhétorique digne de la guerre froide » et insisté sur les mesures prises par Barack Obama depuis son accession au pouvoir, en janvier dernier.

Washington a démontré un certain assouplissement à l'endroit de Cuba, levant la restriction, pour les Américano-Cubains, de visiter l'île et leur permettant d'envoyer de l'argent à leur famille. Le président américain a toutefois averti que l'embargo resterait en vigueur aussi longtemps que le régime cubain ne ferait pas de progrès en matière de droits de la personne et qu'il continuerait de détenir ses prisonniers politiques.

Le débat entourant la « nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d'Amérique » est presque devenu un rituel pour l'Assemblée générale. C'est la 18e année que cette résolution, qui n'est pas contraignante, y est présentée.

Au fil des ans, ce n'est pas tant le nombre de pays s'opposant à la mesure qui a augmenté, que le taux d'abstention qui a progressivement diminué. Lors du premier vote de 1992, 59 pays avaient soutenu la résolution, 2 l'avaient rejetée et 71 s'étaient abstenus.

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